Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - La régence -

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La régence


Il est certain que des membres de la famille et des parents par adoption détenaient une majeure partie des principales positions de commandement, en 1821, en particulier la veuve en titre de Pomare, Pomare Vahine, ainsi que Teremoemoe, la reine-mère, Manaonao, le chef de Pare-Papaoa et Vaira'atoa, le chef le plus important de la presqu'île de Taiarapu. Pomare II avait laissé deux enfants auprès de Teremoemoe. L'aînée, une fille appelée Aimata (plus tard, la reine Pomare IV), fut fiancée à Pomare un chef du parti Fa'anui des îles Sous-le-Vent, qui avait été adopté par Po mare II et qui, plus tard, devint Tapoa II, roi de Bora Bora. L'autre enfant, un garçon de 18 mois, Teri'itaria, fut proclamé Pomare III par le conseil de régence. Ce conseil avait été désigné par Pomare II pour gouverner jusqu'à la majorité de son fils. Il était composé de cinq chefs principaux et des deux reines. Le premier régent, qui gouverna de 1821 à 1823, fut le vieux Manaonao, qui portait le titre d'Ari'ipaea, comme grand chef du parti Porionu'u et qui avait été un ami intime de Pomare II.
A la mort de Manaonao, le conseil choisit Pomare Vahine, qui devint alors Ari'ipaea Vahine, pour lui succéder à la régence, charge qu'elle occupa jusqu'à la fin de 1828. En dépit d'une transition apparemment facile, Tahiti et Moorea furent mal dirigées, mal gouvernées, durant la régence. Ari'ipaea, la jeune tante du roi, était également la reine de Huahine et, de fait, avait le pas sur toute la famille. Ex-guerrière, ayant combattu à Fei Pi, et femme de caractère, elle gouverna Tahiti de la même façon despotique que Pomare II. Son administration a pu paraitre plus relâchée parce qu'elle tolérait secrètement les danses traditionnelles et la liberté sexuelle, mais elle maîtrisait en fait l'exploitation économique des îles et le commerce maritime européen.

Pouvoir politique et monopole économique

Tout comme Pomare II avait cherché à monopoliser le commerce du porc, Ari'ipaea voulut


     Teriitaria fille ainée de Tamatoa III

contrôler le commerce des perles, fermant même les yeux sur un acte de piraterie aux Tuamotu. A Papeete, où la cour n'avait pas de finances royales, elle chercha des moyens pour augmenter les prestations en nourriture. Au début de l'année 1825, un Tahitien qui était allé à Port Jackson fut nommé agent de fixation des prix, au grand désagrément des missionnaires et autres Européens. On pensait que les missionnaires avaient tiré profit du commerce des porcs et de l'huile de noix de coco (pour le soutien et la subsistance des missions) et qu'ils avaient amassé beaucoup d'argent.
En 1828, la situation avait empiré. Non seulement les prix et les salaires étaient réglementés, mais toute opération de commerce devait être supervisée par l'agent d'Ari'ipaea, un commerçant retors qui s'attira le mécontentement des capitaines de goélettes européens aussi bien que des Tahitiens. Ari'ipaea était contestée depuis 1826, année où elle fut mariée à un manahune par l'un des juges de district, à Matavai, en dépit de l'opposition des missionnaires et des chefs locaux, et ce malgré l'annulation ultérieure du mariage. Le 11 janvier 1827, le jeune roi mourut de dysenterie, probablement victime des médecins des deux cultures, et il fut remplacé par sa sœur, sous la même régence. Vers avril 1828, l'augmentation des réglementations oppressives, la fraude et le désordre général, aussi bien que l'humiliation imposée par l'agent d'Ari'ipaea, amenèrent la chute de la régente et la réapparition de Tati. L'une des premières lois du nouveau règne assura la succession sur le trône aux enfants du fils aîné de Tati et de sa femme qui appartenait à la famille Pomare, dans l'éventualité où Pomare IV n'aurait pas de descendance.

[N. Gunson, chapitre 8, volume 6, Encyclopédie de la Polynésie]

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