Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Taraho'i, le nom -

Sommaire

Le kiosque

La presse de l'époque

Le kiosque

! Vous êtes ici : Histoire de l'institution | Tarahoi, le site | Taraho'i, le nom

Taraho’i, le nom.


Taraho’i est le nom que portait le marae des Pomare situé à Pare-Arue, près de la pointe Outu ai’ai. Il figure dans une louange à l’adresse de la maison des Pomare que transcrit Teuira Henry dans « Tahiti aux temps anciens ».


Carte du capitaine Wilson


Tara-ho’i ta’i poto
Tara-ho’i te ta’i onaona
O maro Tara-ho’i,
Eiaha oe e hi’o i reira !
E nana’ihere Papa’oa,
E ui tena e tae mai ai.
Ahu-toru te ‘ai’a tupuna o te Ari’i o Tara-ho’i
O Ahu-toru tupatupa
E rave i te ma’a mo’a i reira, e fa’aho’i
Muri e’ai
E maro Tara-ho’i
E ore e tu’u,
E ore e ho’i i te ua e te mata’i.
Tara-ho’i nui i te vai a tôtô, e vero ia, o marama ia i ni’a,
Pa’a’ina o te tai tuhana ea.
O mato rua nui te muhu o Pare,
Toa roa i te huhu ta’oto’oto.
O toa harotô i huhà ha’ape’epe’e,
O honu iti e na hoa tapairu,
O ta’i mai i te po’o Faratea,
O to tupuna o Tia-Mâûi (2) ;
O Pû’o’oro i te vai tairea,
To vai haumaru.


Tara-ho’i au cri bref
Tara-ho’i au cri obstiné
Cela persiste Tara-ho’i
Ne regarde pas !
Papa’oa vaut ses centaines
Courageux dois-tu être pour y venir.
Ahu-toru (3 murs, un marae de 3 marches)
Est l’héritage ancestral du roi de Tara-ho’i
C’est Ahu-toru à l’aspect honorable
C’est là qu’ils apportent la nourriture
Sacrée et s’en retournent pour la manger
Persistant est Tara-ho’i
Il ne cède pas
Il ne recule pas dans le vent ni dans la pluie
Grand Tara-ho’i aux eaux qui s’entrechoquent
c’est-à-dire dans les orages avec la lune qui domine
Et la mer déchainée qui l’entoure.
Des falaises avec de grandes grottes qui
Murmurent possèdent Pare,
Qu’atteint le bourdon qui s’endort.
Guerriers aux membres agiles qui font souffrir
Petite tortue et sa suite de servantes (1)
A l’extérieur de la crique de Fara-tea (Fara clair)
Votre ancêtre est Tia-Mâûi (dressé par prières) ;
Pû’o’oro au chant joyeux,
Est votre eau rafraîchissante.

[(1) : Les demoiselles d’honneur des tortues sont les poissons.
(2) : Maui (prière) ainsi appelé d’après Maui, le premier prêtre.]

Les premières cartes, datant du contact européen et notamment celle de Cook (1769) ne mentionnent aucun lieu portant le nom de Taraho'i à l’emplacement de l’actuelle Pape’ete.
Il faut dire que Pape’ete n’existe pas encore en tant que bourgade. Le premier à évoquer le site est le capitaine Wilson arrivé à Tahiti, en 1777, à bord du Duff.
Bengt Danielsson raconte dans quelles conditions :
«  En revenant des Marquises, où il avait conduit les missionnaires Crook et Harris, le capitaine Wilson eut la bonne idée de faire le tour de Tahiti à pied et son récit fourmille de renseignements précieux. Par exemple, dans le mata’eina’a de Pare, il découvrit une immense maison, appartenant à la secte ‘arioi, qu’il se donna le mal de mesurer. D’une longueur de 398 pieds (90 mètres ), elle n’avait pas moins de 48 pieds (14 mètres) de largeur et 21 pieds (6.5 mètres) de hauteur. Sur la carte illustrant son récit, qui est une version légèrement retouchée de celle du capitaine Cook, un rectangle noir et les mots Long House indiquent son emplacement, correspondant approximativement à celui qui était celui de l'hôtel Royal Papeete.
Partant de ce rectangle, une ligne en pointillée se termine par le mot Nawnoo, qui indiquerait le nom de l’édifice en tahitien. Par la suite, cette appellation a souvent été attribuée à la baie de Papeete par des dessinateurs de cartes et des auteurs d’ouvrages mal renseignés. »


Marae de Pare, aquarelle de G. Tobin

Retour en haut de page