Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Taraho’i, place coloniale -

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Le kiosque

La presse de l'époque

Le kiosque

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Taraho’i, place coloniale


En 1878, le gouverneur Planche procède à l’embellissement de la ville et c’est à lui qu’on doit la construction du kiosque qui va durablement marquer l’histoire de la place. Ce kiosque, devient le lieu de rencontre privilégié de la population comme le raconte le photographe J. Agostini.
« Il est pourtant des circonstances qui enlèvent à la place du Marché son animation, sa vie : une fois par semaine, en effet, -rarement deux- la fanfare locale fait entendre ses accords sur la place du Gouvernement. C’est alors là que se porte la population de Papeete, comme elle envahit les abords de l’hôtel du gouverneur, du maire ou d’un chef d’administration, lorsqu’ils ouvrent leurs salons à l’occasion de quelque solennité ou soirée dansante.
Un carré de 60 mètres de coté, tapissé d’un moelleux gazon, au centre duquel s’élève un kiosque pouvant contenir une quarantaine d’exécutants, voilà la place de la musique encadrée par la rue Rivoli, les barrières du cercle militaire, du jardin du Gouvernement et du pavillon des Revues. Plusieurs banc disposés sous de grands flamboyants et des acacias, le long de l’avenue qui mène à l’hôtel du chef de la colonie, permettent aux dilettanti d’éviter certains contacts ou d’être heurtés par les amateurs de upa-upa, dont la cadence initiale va crescendo pour finir en bonds désordonnés. »
C’est un endroit que le peintre Paul Gauguin se plait à fréquenter : il y fait des rencontres féminines et n’est pas loin du banyan qui abrite le cercle colonial ou il à l’habitude de venir boire de l’absinthe.
Concernant le ruisseau de la reine qui traverse la place. Le même J. Agostini raconte.
« Sur le ruisseau de la Reine fonctionnaient des appareils élévatoires – deux béliers hydrauliques - qu’on a eu, pour je ne sais quelles raisons, la mauvaise idée de vendre au profit du domaine ; une borne-fontaine, installée au coin du Trésor, fournit seule de l’eau de boisson provenant du ruisseau en question. Ce cours d’eau situé en plein centre de la ville ne profite plus de façon appréciable à son alimentation. C’est l’endroit préféré où les indigènes prennent leur bain. Celui où se font aussi toutes les lessives. »
En 1880 Pomare V cède ses territoires à la France et en 1881, sur la place se déroule une première fête commémorative qui préfigure les Fêtes du Juillet et du Tiurai qui auront ce site pour théâtre.
Lorsque Pomare V meurt en 1891, on ne sait si le palais doit abriter la mairie, être un bâtiment administratif ou revenir à la famille Pomare. Bengt Danielsson raconte quel sort lui fut réservé après moult atermoiements.
« Notons aussi que, par une certaine ironie du sort, pendant la dernière année de son existence, le Conseil général a enfin pu siéger dans la salle des fêtes de l’ancien palais royal. Ce bâtiment historique, convoité depuis longtemps, aussi bien par le maire de Papeete que par l’administration coloniale, a finalement été mis en vente par le prince Hinoi, le 16 octobre 1900, et acquis aussitôt pour 60 050 francs par le riche commerçant Gaspard Coppenrath. Cette vente à un particulier qui, de surplus, est un étranger, a provoqué une telle indignation parmi les colons français que Coppenrath, qui n’a commis aucune faute, accepte aimablement, quelques semaines plus tard, de rétrocéder le palais à l’administration, sans faire aucun profit. »

[Ch. Gleizal]


Kiosque à musique

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