Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le contexte historique national -

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Le contexte historique

1- Le contexte national décembre 1957 - décembre 1958


Le général de Gaulle en Afrique, juillet 1958

Rarement, le contexte n’a autant pesé sur la vie de la Polynésie que pendant cette période.
La Quatrième République agonise. Elle doit affronter une crise structurelle et une crise conjoncturelle.
La Constitution de 1946 n’avait pas prévu la Guerre froide et la rapide scission entre les forces politiques qui avaient mis sur pied les coalitions initiales. Le Parti communiste devient un adversaire puissant des nouvelles majorités. Dès 1947, le RPF du général de Gaulle s’oppose également avec vigueur à ce que son chef appelle « le régime des partis ». En effet, pour constituer des majorités, des partis qui s’opposent sur bien des points sont contraints de former des gouvernements divisés et sans autorité. Le pouvoir exécutif est largement dominé par le pouvoir législatif (le Parlement où les alliances se font et se défont au gré des intérêts des partis et au détriment du bien public). L’instabilité politique est alors quasi continue. Parce que le pouvoir exécutif est faible, les problèmes conjoncturels graves ne peuvent être résolus. Sous la Quatrième République, le mouvement mondial de décolonisation et/ou d’aspiration à l’indépendance des peuples d’Outre-Mer affecte les Gouvernements incapables de proposer une solution aux revendications. La guerre d’Algérie a débuté fin 1954, à peine était terminé le conflit indochinois et les pays africains revendiquent des réformes profondes.
Le gouvernement de Guy Mollet issu des élections de janvier 1956 réussit relativement à satisfaire les TOM avec la loi-cadre de Gaston Defferre, mais échoue devant la gravité de la crise algérienne.
Le 21 mai 1957, alors que le décret d’application de la loi-cadre n’a pas encore été promulgué pour la Polynésie (encore officiellement ÉFO), le Gouvernement de Guy Mollet est renversé. Du 12 juin au 30 septembre, un nouveau Gouvernement dirigé par Bourgès-Maunoury se heurte aux mêmes problèmes. Un nouveau chef de Gouvernement, Félix Gaillard tente - du 5 novembre 1957 au 15 avril 1958 – de redresser la situation.
Mais l’opinion publique n’a plus guère confiance dans le régime qui est l’objet d’attaques multiples. Le général de Gaulle met à profit la crise algérienne pour préparer un retour sur la scène politique.
Quand Félix Gaillard quitte le pouvoir, une longue crise laisse le pays sans Gouvernement.
Les partisans de l’Algérie française organisent des manifestations dont celle du 13 mai à Alger avec l’appui des forces militaires est la plus puissante et met le pays au bord de la guerre civile.
Dans la nuit du 13 au 14 mai, l’Assemblée nationale investit Pierre Pflimlin pour conduire le Gouvernement. Ce dernier est vite paralysé et le président de la République n’a plus d’autre solution que d’appeler le général de Gaulle qui devient le dernier président du Conseil de la Quatrième République.

Les objectifs du Général

Le Général investi le 1er juin 1958 propose rapidement des réformes profondes et un nouvel élan pour la France.
Il prépare une réforme de la Constitution conforme aux idées qu’il défendait depuis la Seconde guerre mondiale : un pouvoir exécutif fort, un Parlement élu par un système électoral permettant une large majorité.
Pour régler les problèmes de l’Outre-Mer, il propose d’aller plus loin que la loi-cadre. Les anciennes colonies formeront une Communauté au sein de laquelle ils disposeront d’une très large autonomie et se prépareront à l’indépendance en accord avec la France.
Ces nouvelles dispositions sont soumises aux Français, y compris d’Outre-Mer. Pour les populations d’Outre-Mer, répondre OUI au projet de Constitution signifie que non seulement elles approuvent les nouvelles institutions de la République et de la Communauté, mais aussi qu’elles veulent rester attachées à la France.
De plus, dans l’optique du Général, son retour au pouvoir signifie également que le temps est venu de rendre à la France sa grandeur.

La grandeur de la France

Les Gouvernements de la quatrième République avaient bien conscience que le prestige de la France diminuait dans le monde. L’humiliation subie en Indochine le révélait crûment. L’affaire algérienne apportait un nouveau coup à sa crédibilité. La crise de Suez en octobre-novembre 1956 porta le coup fatal. La France était devenue une puissance de second ordre. Pour changer cet état de fait, il n’y avait guère que le recours à une défense atomique. Dès le 30 novembre 1956 des mesures sont prises en ce sens. Le général Ailleret (voir doc) est chargé d’une étude pour déceler le meilleur endroit possible pour procéder à des essais. Il rend son rapport fin janvier 1957 en désignant le Sahara et les Tuamotu dès lors qu’il faudra procéder à des essais thermonucléaires.
Le 23 juillet 1957, le site de Reggane au Sahara est officiellement choisi et quelques jours avant son renversement, le Gouvernement de Félix Gaillard décide qu’il faudra procéder aux premiers essais début 1960. Mais ces décisions ne sont pas connues du public et on peut légitimement se demander si les Gouvernements auraient pu avoir assez d’autorité pour les imposer alors qu’elles étaient très impopulaires.
Or, le Général, dès le 22 juillet, confirme la décision du 11 avril et la possession de l’arme nucléaire la plus puissante possible devient un objectif prioritaire.
Comme on peut le constater, le gouvernement de Pouvanaa est constitué à un moment où la France va considérer la Polynésie comme un territoire qui devra servir à assurer sa grandeur, toute autre considération devant être balayée.

[J.M.Regnault]

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