Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le contexte local -

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Le contexte historique

La victoire du RDPT, le 3 novembre 1957



Globalement, le RDPT emporte dix-sept sièges sur trente, soit la majorité absolue, mais ne recueille que 46 % des voix. L'Union Tahitienne avec 31 % des voix obtient dix sièges. Les trois derniers sièges reviennent à des "Indépendants", dont F. Vanizette aux Îles du Vent.
Le RDPT a six nouveaux élus dont Pouvanaa, J. Tauraa, J-D. Drollet (qui dirige la section locale du Syndicat national des Instituteurs) et J. Florisson.
L'Union Tahitienne fait entrer à l'assemblée R. Bambridge, G. Coppenrath et N. Salmon.
Quant à W. Grand qui a constitué une liste avec G. Flosse, il n’a recueilli que moins de 400 voix. G. Flosse qui ne veut pas rester sur un échec se tourne alors vers R. Bambridge dont il devient rapidement un collaborateur efficace.
Alors que le RDPT avait obtenu jusqu’à 70 % des voix, quelles sont les raisons de la chute de ses suffrages? Déjà en en janvier 1956, Pouvanaa n’est réélu député qu’avec 57 % des voix.

Pouvanaa a Oopa avec son traditionnel casque colonial


Il n’est pas exclu que Pouvanaa pouvait rassembler beaucoup de voix sur son nom (seul nom lors des législatives) alors que les électeurs seraient moins enclins à voter pour les listes qui se réclament de lui.
L’élévation de l'abstention est peut-être une explication.
On constate aussi une déperdition des suffrages (entre janvier 1956 et novembre 1957) pour R. Bambridge et l'Union Tahitienne, de 37 % à 31 % des voix.
En fait, ce sont les candidats qui ne se réclament pas des deux forces qui sont responsables de la baisse des suffrages de celles-ci. Ils recueillent en effet 22 % des suffrages sur l'ensemble du Territoire, mais 32, 60 % aux Marquises et 34, 40 % aux Tuamotu-Gambier. Dans les circonscriptions des Îles du Vent, ils n'en recueillent que 16 % en raison sans doute de la politisation plus poussée des électeurs, et à peu près autant aux Australes où le RDPT se taille le plus beau succès, vraisemblablement en raison de la forte influence de l'Église évangélique.
C'est l'abondance de l'offre électorale qui expliquerait donc le recul en pourcentage du RDPT et de l'Union Tahitienne.
La proportionnelle à la plus forte moyenne (système proposé par la loi Hénault) expliquerait aussi le succès en sièges du RDPT. Avec 46 % des voix, il obtient 57 % des sièges. L'Union Tahitienne avec 31 % des voix obtient 33 % des sièges. La règle se vérifie que ce système électoral accorde une prime au plus fort.
Enfin, il faut noter qu'à Papeete même, si Pouvanaa est élu cette fois grâce à la proportionnelle, le RDPT recule, par rapport à 1953, en passant de 44, 50 % des voix à 35 %. Ce résultat est un élément important, car il permet aux adversaires du RDPT de souligner que la capitale lui est hostile. On comprend aussi qu'il sera facile de mobiliser la population contre un gouvernement qui est considéré comme "illégitime" à Papeete.

La réorganisation de l’opposition devant les difficultés du gouvernement de Pouvanaa

Les divisions du gouvernement et de sa majorité (voir La rivalité entre J-B Céran-Jérusalémy et Pouvanaa) et l’attitude de Pouvanaa permettent à l’opposition de reprendre l’initiative.
L’Union tahitienne reçoit un renfort de poids. André Rives-Henrys, collaborateur de Roger Frey et de Jacques Chaban-Delmas vient à Tahiti avec un but précis : créer un mouvement qui défendrait la présence française et préparerait un éventuel retour du Général au pouvoir.
Le 17 avril 1958, André Rives-Henrys préside une réunion qui rassemble les responsables des différentes formations politiques qui ont affronté le RDPT aux Îles du Vent lors des élections territoriales précédentes. La mainmise du RDPT sur la vie politique locale y est dénoncée. Ce parti aurait créé un "régime d'autocratie et de dictature", et aurait une attitude nettement anti-française. Les opposants décident alors de la création d'un nouveau parti baptisé "Union Tahitienne Démocratique" (UTD). R. Bambridge devient le président du parti. G. Coppenrath préside le groupe des élus à l'assemblée territoriale. Frantz Vanizette est secrétaire général et Francis Sanford, trésorier. A. Poroi, conseiller-maire de Papeete, joue un rôle important au sein du comité directeur. L'UTD décide de se doter d'un organe, Les Débats, dont le gérant est F. Vanizette.
Le nouveau parti se lance immédiatement dans l'action et mène l'offensive contre l'impôt sur le revenu (voir le sujet qui lui est consacré). Il est clair que ce n'est là qu'un prétexte et qu'il s'agit de lutter globalement contre le RDPT.
Il se mobilise également pour la campagne du référendum (voir le sujet qui lui est consacré) et joue un rôle sans doute important dans l’éviction de Pouvanaa.
Avec le rapport de G. Coppenrath, l’UTD obtient ce qu’elle voulait : la quasi-disparition de la loi-cadre (voir Le rapport de G. Coppenrath et la fin de la loi-cadre).

[J.M.Regnault]

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