Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - 2- Le contexte historique local -

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Le contexte historique

2- Le contexte local

Organisation sociale et politique à l’arrivée des Européens.
C’est en 1767, lorsque le Dolphin est apparu en face de Matavai qu’est censée commencer l’histoire de Tahiti. Histoire de Tahiti écrite d’Europe, par des gens qui estimaient que celle-ci était le centre de référence autour duquel « s’ordonnait l’histoire de l’humanité » (Nathan Wachtel)
Dans cette perspective, il est difficile d’approcher une connaissance qui se voudrait exacte du passé et de l’ordre politique et sociale qui prévalait à l’arrivée des Européens… Car « on ne peut faire abstraction du fait que bien des auteurs ont dressé une hiérarchie influencée par leur propre modèle culturel, celui de l’Angleterre du XVIIIe siècle, avec son aristocratie, sa gentry et ses commoners » (Claude Robineau).
On peut cependant se risquer à quelques interprétations sur la hiérarchie sociale et politique telle qu’elle prévalait à la fin du XVIIIe siècle.
« Elle fait apparaître, en dépit des variantes géographiques ou d’auteurs, trois niveaux : les ari’i (princes, rois, grands chefs et leur parents ou alliés) ; les ra’atira (chefs en dessous des ari’i, propriétaires fonciers, voire « roturiers », homme libres) ; les manahune (dépendants). En réalité, les classifications peuvent être plus complexes, faisant place à plusieurs catégories d’ari’i, ménageant entre les ari’i et les ra’atira des catégories intermédiaires comme les to’ofa, « officiers » des ari’i, faisant apparaître à côté des manahune diverses catégories de serviteurs. Certaines de ces catégories reflètent moins le rang social que la fonction. Le sort des manahune peut être divers selon les lieux : hommes libres ou dépendants » (Claude Robineau).
Il faut également prendre en compte que la réalité de l’ordre social et politique décrite par les historiens de la découverte ne concerne que Tahiti.


Paiti, chef de Papenoo et frère de Pomare I

En 1767, l’île de Tahiti se divisait en six grandes coalitions tribales, (voir la carte) formées à la suite d’alliances matrimoniales effectuées sous l’égide du dieu Oro, de conventions ou de guerres.
« Chacune d’elles était dirigée par une classe nobiliaire s’apparentant à une caste qui tirait les fondements de son pouvoir à la fois de ses liens avec les divinités et des rites qui y étaient associés, tout en exerçant un contrôle économiques et socio-politique sur les groupes de population vivant au sein du territoire considéré. Contre-balançant leur pouvoir respectif, les grands chefs de ces coalitions tribales limitaient mutuellement leur sphère d’influence, empêchant par la l’émergence d’une hégémonie » (Paul de Deckker)./p>

Les symboles de pouvoir

Le pouvoir politique était inextricablement lié à la terre et au marae rattaché à cette terre. Autres symboles de ce pouvoir, le to’o, réceptacle des divinités ; le maro’ura, ceinture faite de petits bouquets de plumes rouges tressés sur un support de fibres. Ce maro’ura est également symbole de la capacité d’adaptation des Polynésiens puisque, dès 1768, on y avait cousu le pavillon anglais que Wallis avait planté lors de la prise de possession de l’île au nom du roi George, afin que le mana peretane renforce celui du ari’i Amo. Le chef se distinguait aussi du commun des mortels par la possession d’objet de prestiges : appuie-tête, tabouret, chasse-mouche, taumi etc.

[Ch. Gleizal]


Carte des chefferies au 18ème siècle

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