Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - 1- Conséquences démographiques -

Sommaire

Le kiosque

La presse de l'époque

Le kiosque

! Vous êtes ici : Histoire de l'institution | 1767-1819. Un ordre nouveau | Conséquences des premiers contacts | 1- Conséquences démographiques

Conséquences des premiers contacts

Conséquences démographiques.



Image idyllique des premiers contacts.

A partir de 1772 – date à laquelle Boenechea séjourne 2 mois à Tahiti – il apparaît que la population diminua rapidement. Les Européens apportèrent la syphilis et tuèrent quelques hommes pour réprimer des vols. Si ce ne sont pas là des causes de dépopulation importante, on comprend mieux d’après ces faits que, dans plusieurs îles des Tuamotu ou des Cook, on fit des signes d’hostilité aux Européens pour les dissuader de débarquer, ce jusque vers 1797.
Outre la syphilis, les Européens apportèrent des maladies infectieuses nouvelles comme celle venue avec les Espagnols que les Tahitiens nommèrent « assa no peppe » (« la fièvre ») et dont ils se plaignirent à Cook en 1774 : « Ils disent que cela affecte la tête, la gorge, l’estomac…et finalement les fait mourir. Ils la redoutaient énormément et demandaient continuellement si nous ne l’avions pas ». Ces craintes montrent que cette maladie fit sans doute un grand nombre de morts ; elle se répandit dans toutes les îles de la Société. L’établissement de trois Espagnols en 1774 s’accompagna aussi de quelques décès. La « fièvre intermittente» qui aurait fait beaucoup de morts fut aussi introduite au début des contacts. En 1791, Vancouver apporta une grippe qui causa un grand nombre de décès en quelques jours. On peut juger de la violence de cette épidémie à partir des observations faites au XIXe siècle et au début du XXe où le taux de mortalité dépassait 100 pour 1000 et avoisinait même 200 pour 1000 (alors que la normale dans une population rurale à cette époque était comprise entre 35 pour 1000 et 40 pour 1 000) ; peut-être les premières épidémies furent-elles plus violentes encore du fait que c’étaient les premières maladies de ce type venues dans ces populations.
Les passages de plus en plus fréquents de baleiniers à Tahiti à partir de 1789 apportèrent de nouveaux cas de syphilis et de maladies infectieuses, des armes à feu et de l’alcool qui, consommé sans modération, affaiblissait l’état de santé des individus.
Les nombreuses guerres de l’ascension de Pomare firent pour certaines beaucoup de morts. En 1769, Cook vit une plage jonchée d’ossements à la suite d’une bataille qui eut lieu vers 1768. De 1770 à 1797 on peut compter une douzaine de guerres dont quatre furent suivies de ravages et de massacres. Cependant il est impossible d’estimer les pertes, connaissant la coutume de la population de s’enfuir chez des alliés ou dans la montagne. Par contre, le massacre nocturne du village d’Atehuru à l’instigation d’un Suédois déserteur, alors que les hommes étaient à Taiarapu ravageant la presqu’île à la suite de leur victoire, fit sans doute de très nombreuses victimes parmi les femmes, les enfants et les vieillards.
Malgré ces événements et la réduction de la population qui en résultait, les Tahitiens continuèrent de pratiquer l’infanticide et les sacrifices humains, avant et après chaque guerre pour se rendre les dieux favorables. La population ne pouvait donc pas récupérer des nombreuses pertes des épidémies, des maladies et des guerres.

[J.L.Rallu, chapitre 5, volume 6, Encyclopédie de la Polynésie]


Rencontre entre le Russe Bellingshausen et les Paumotu d'Amanu

Retour en haut de page