Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les Annexions des îles polynésiennes -

Sommaire

Le kiosque

La presse de l'époque

Le kiosque

! Vous êtes ici : Histoire de l'institution | 1880-1885. Le Conseil colonial | Contexte historique | Les Annexions des îles polynésiennes



Le contexte historique local

Les Annexions des îles polynésiennes


Le système du Protectorat, en place à Tahiti depuis 1842, ne satisfaisait entièrement ni le ministère de la Marine, dont dépendait l'administration des Iles, ni les Tahitiens eux-mêmes.

Vers la fin des années soixante-dix, la France chercha à consolider sérieusement sa position en Océanie et envisagea un contrôle plus direct sur ses colonies polynésiennes. En 1879, le commandant Jacques-Ferdinand Planche, alors gouverneur à Tahiti, fit une première ouverture au roi Pomare V et lui proposa de remettre son pouvoir entre les mains des autorités françaises. Maladroitement engagée par Planche, cette affaire échoua. Il fallut attendre l'arrivée à Papeete, en février 1880, d'Isidore Chessé, Commissaire général en l'Océanie, pour que le rattachement de Tahiti à la France entre dans une phase décisive. Chessé parvint, en avril 1880, à convaincre le roi de céder ses pouvoirs à la France. Celle-ci lui ferait une pension supérieure à sa liste civile actuelle et lui conserverait tous les honneurs, toutes les préséances de la royauté. Poussé par quelques amis, Pomare V finit par se décider, mais insista pour que les chefs de districts soient consultés, préalablement à la donation. Isidore Chessé mena les choses tambour battant et convoqua d'urgence tous les chefs à Papeete, à l'Hôtel du Gouverneur, le 29 juin 1880 à 8 heures du matin. A 9 heures, l'acte établissant la réunion à la France des îles de la Société et dépendances était signé.


Photographie officielle de la réunion de Tahiti à la France

L'annexion devint une réalité avant même que certains notables de l'île, ou certains chefs défavorables à cette opération, aient eu le temps de réagir. L'annexion ne fut ratifiée par les assemblées de la Métropole que le 30 décembre 1880 et la loi d'annexion parut au Journal officiel de la colonie le 24 mars 1881. Quelques mois plus tard, l'archipel des Gambier, qui jouissait du Protectorat depuis 1844, demanda à être réuni à la France le 23 février 1881. Il devait être administré par un Résident tout comme l'archipel des Marquises, occupé par la France depuis 1842 et celui des Tuamotu, où le poste de résident fut créé en 1864. Les Australes, quant à elles, se trouvaient officiellement placées sous la tutelle de la France, mais seules Tubuai et Raivavae étaient directement concernées ; Rapa se trouvait, depuis longtemps, privée de représentant du gouvernement colonial, ce qui ne manqua pas de provoquer des difficultés. Notons enfin que les îles Sous-le-Vent (groupe Raiatea-Tahaa) avaient, deux mois avant l'annexion de Tahiti, accepté le protectorat de la France, mais conservaient leur souveraineté. Huahine et Maiao-iti promettaient, en outre, d'en faire bientôt autant.

L'ensemble des îles contrôlées alors par la France dans le Pacifique oriental était rassemblé sous l'autorité d'un "Gouverneur des Établissements français de l'Océanie" dont les fonctions furent établies par décret en juillet 1881. Par souci de continuité (la Marine ayant, depuis quarante ans, assuré la gestion du Territoire) on confia d'abord ce poste à un officier de l'escadre du Pacifique, le capitaine de vaisseau Dorlodot des Essarts. Mais, vers le milieu de la décennie, on constatait déjà le remplacement progressif des administrateurs militaires par des fonctionnaires coloniaux dont la connaissance du terrain et la conception du pouvoir ne pouvaient que conduire à des conflits ouverts.

[P. Lagayette, chap. 2, vol. 6, Encyclopédie de la Polynésie]

Retour en haut de page