Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le premier gouverneur civil -

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Le premier gouverneur civil


Le premier gouverneur civil est Isidore Chessé. En 1881, après la cession par Pomare V de ses possessions à la France, des administrateurs coloniaux de carrière remplacent les officiers de marine. Tahiti et ses dépendances demeurent sous la tutelle du ministère de la Marine jusqu'à la création du ministère des Colonies en 1894. L'arrivée de ce premier gouverneur civil est saluée avec joie par les colons français qui voient dans ce geste « un gage certain d'une bienveillance dont ils sont sincèrement reconnaissants car cette nomination les assure que la France s'est enfin décidée à faire autant pour ses filles d'Océanie (que pour les autres colonies(1)) ». Les militaires et plus particulièrement les officiers de marine qui avaient été chargés d'administrer le protectorat et malgré tous leurs efforts, ne convenaient guère aux colons, comme le note justement Robert Doucet.

« Tant que nos possessions ont relevé de la Marine et ont été gouvernées par des amiraux, leurs fonctionnaires se sont distingués par de rares qualités de conscience professionnelle, de dignité et de dévouement. Mais ces fonctionnaires manquaient de savoir et d'expérience ; ils n'avaient pas été préparés à leur tâche et ignoraient complètement les questions économiques(2) ».

Les hommes changent mais pas la structure : l’organisation administrative reste pyramidale. Au sommet de la hiérarchie se trouve le gouverneur qui est le « dépositaire des pouvoirs de la République », il est le chef de toute l'administration de la colonie (justice, finances, enseignement, santé, ...) :

• il promulgue les décrets.
• il peut prendre des arrêtés.
• il peut nouer des relations diplomatiques avec les pays voisins, expulser les étrangers.
• il peut interner les personnes dangereuses.
• il est responsable de la défense.

Le gouverneur est nommé par décret et recruté parmi les administrateurs du plus haut grade. Quelles que soient les structures représentatives de la colonie, il a le contrôle absolu du budget, qu'il ait à l'approuver, qu'il le propose aux délibérations d'une assemblée consultative, ou qu'il l'établisse purement et simplement avec ses principaux collaborateurs. L'énumération des différents aspects de l'autorité de gouverneur évoque assurément l'intendant de Justice, Police et Finances, tout-puissant en sa province, de l'Ancien Régime. La constatation de cette confusion des pouvoirs amène l'historien Raoul Girardet à dire que « la colonie est le conservatoire de formes d'exercice de l'autorité qui, en Europe, sont liées aux Anciens Régimes ». Sous ses ordres, un secrétaire général dirige les bureaux et le remplace en cas d'absence. Il est assisté, aussi, d'un conseil consultatif, le conseil d'administration, composé en majorité de hauts fonctionnaires, avec quelques notables blancs et autochtones nommé par lui, qui l'assiste pour approuver certains actes administratifs. Il reste cependant le seul maître à bord.

(1) « Pétition des résidents français », 22 mars 1880, Archives CAOM, Fonds Océanie, A116, Carton 139.
(2) R. Doucet, Les colonies françaises, Paris, Banque coloniale d'Etudes, 1921, p. 129.
(3) R. Girardet, op. cit., p. 128.

( V. Gleizal. Thèse de doctorat. La colonization française des EFO : delimitation, representations et spécificités de 1842 à 1914 )

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