Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - L’enjeu politique -

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Le contexte historique local

L’enjeu politique


Les popa'a qui cumulent les responsabilités, alimentent les polémiques, créent des journaux, siègent aux assemblées ou frondent contre l'administration, relèvent tous du même bord social : celui des privilégiés. Dès lors, on cherchera en vain un véritable débat d'idées. Les concepts de droite et de gauche ne sont pas, loin s'en faut, le moteur de la vie politique locale. De même, les oppositions religieuses n'ont plus la vigueur du siècle passé et le danger d'une annexion de la colonie par les Anglo-Saxons s'estompe peu à peu. Il ne restera alors que l'administration et les Chinois, deux thèmes sur lesquels les colons font cause commune.

Face à l'administration, la pomme de discorde revêt deux aspects : le premier est d'ordre politique et le second d'ordre financier. Sur le plan politique, les colons souffrent de n'être rien. En 1920, ils n'ont aucune représentation valable, tant au niveau de la Métropole qu'au niveau de la colonie. Ils réclament, en vain, un siège de député et une Assemblée élue qui ne soit pas dominée par les hommes du gouverneur et dispose de réels pouvoirs.

Sur le plan financier, ils demandent à avoir droit de regard sur les débats budgétaires et, quant aux dépenses, ils sont unanimes à dénoncer le nombre trop élevé de fonctionnaires, dont les rémunérations et les frais de voyage sont imputés à la colonie.


Entrée du Service de l'Intérieur

Politique et finances se mêlent dans deux affaires qui éclatent à une dizaine d'années d'intervalle : la manifestation contre le 3.30 en 1921, et, en 1934, la démission des membres élus des Délégations économiques et financières. On se trouve chaque fois devant un déficit budgétaire qu'il faut combler au plus vite. Doit-on pour cela augmenter les taxes ou diminuer les dépenses d'ordre administratif ? La priorité donnée systématiquement par les autorités aux prélèvements fiscaux ne peut amener que des frictions avec les élus locaux qui souhaiteraient voir diminuer les crédits alloués à l'administration.

Une deuxième source de déstabilisation de la vie politique dans la colonie doit être recherchée dans la présence et l'impact grandissant de la minorité chinoise au sein de l'économie locale. Les Chinois, tout comme les fonctionnaires, font l'unanimité contre eux. Leur arrivée en masse lors des deux grands mouvements de 1907-1914 et de 1921-1928 déclenche la colère du milieu colonial qui voit le commerce local lui échapper et prend peur pour ses intérêts fonciers. Des mesures de ségrégation sont alors réclamées à cor et à cri. Consciente de l'acuité d'un problème dans lequel se mêlent sentiments xénophobes et intérêts matériels, l'administration se montre prudente et ne prend des décrets visant à mieux contrôler le commerce chinois et à limiter la spoliation des terres indigènes qu'à partir de 1934.

[M. Lextreyt. Chap. 2, vol. 7 , Encyclopédie de la Polynésie]

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