Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - La guerre de 14/18 -

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Le contexte historique local

La guerre de 14/18


En septembre 1914, le port de Papeete est bombardé par un navire allemand et les E.F.O. se trouvent ainsi projetés dans un conflit qui a pris naissance et se déroulera à l'autre bout du monde, auquel cependant ils vont prendre une part active.

Les événements de 1914

Privés de liaison T.S.F., les E.F.O. n'ont connaissance officieusement de la déclaration de guerre entre l'Allemagne et la France qu'une semaine après le début des hostilités. Ils doivent même attendre le 29 août pour en recevoir enfin la confirmation officielle (voir doc).


Maxime Destremau se voit confier la défense de Pape'ete.

Heureusement, un train de mesures a déjà été pris afin d'assurer la défense de Papeete face aux croiseurs allemands qui sillonnent le Pacifique.

Le gouverneur Fawtier a chargé, dès le 8 août, le commandant Destremau de cette délicate mission. Afin de décourager l'ennemi de toute agression, Destremau fait désarmer la Zélée, unique navire de guerre mouillant à Papeete, et transporter ses canons sur les hauteurs de la ville. Par ailleurs, il fait miner les balises signalant l'entrée de la passe, et installer des foyers d'incendie dans le dépôt de charbon. Il se charge également de la mobilisation de 150 volontaires qui viennent compléter l'effectif de 40 marins et de 60 soldats dont dispose l'île.


Bombardement de Pape'ete par la flotte allemande.

Entre-temps, l'amiral von Spee, commandant l'escadre allemande du Pacifique, décide de regagner l'Europe. Stationnée aux Carolines en août 1914, la flotte ennemie se propose de transiter par les E.F.O., qui pourront lui servir de base de ravitaillement dans ce long périple transocéanique. C'est ainsi que le Scharnhorst et le Gneisenau, énormes bâtiments de 11 500 t, se retrouvent le 21 septembre à Bora Bora, où ils se font passer pour des navires anglais et se ravitaillent en vivres frais.

Le lendemain, ils arrivent en vue de Tahiti. Mais là, ils sont accueillis par quelques coups de canons qui marquent la volonté de l'île de se défendre. Dans le même temps, sautent les amers du chenal d'accès, rendant toute entrée hasardeuse, et d'autant plus inutile que le feu s'élève du stock de charbon convoité.

Dès lors, von Spee décide-de continuer sa route, non sans avoir entrepris de couler la Zélée. La canonnière est effectivement passée par le fond, mais les tirs mal ajustés touchent aussi le quartier du marché, y occasionnant des dégâts importants et tuant deux personnes.

Leur œuvre accomplie, les deux croiseurs rejoignent les autres éléments de leur escadre aux Marquises, où ils stationnent quelques jours avant de mettre le cap sur le Chili.

Une vie quotidienne peu affectée par le conflit

Une fois la silhouette des navires ennemis disparue à l'horizon, la vie quotidienne reprend ses droits, loin du conflit qui commence à déchirer l'Europe.


Le Walkure, cargo allemand coulé
dans la passe de Pape'ete.

Les liens avec la Métropole étant suspendus par la force des événements, les E.F.O. entreprennent de resserrer ceux qui les unissent avec leurs voisins du Pacifique (Australie, Nouvelle-Zélande, États-Unis). Le commerce, ainsi, reste prospère, et le budget affiche de forts excédents. Réfection et travaux publics vont bon train et les aménagements se multiplient : un poste de T.S.F. est installé à la pointe Vénus, le wharf de Papeete et celui de Papetoai sont refaits à neuf, la desserte routière du tour de l'île de Tahiti est sensiblement améliorée...

On n'oublie pas la Métropole pour autant. Des organismes d'entraide sont créés, telle l'œuvre du « Café du Soldat », suscitée par le gouverneur G. Julien. Il s'agit ici de recueillir les dons de café des nombreux planteurs de l'archipel et de les acheminer vers la Métropole, afin de contribuer à adoucir la dure condition des soldats au front.

Mais cela ne suffit pas. Beaucoup d'hommes en âge de combattre désirent participer de façon active à la défense de la patrie. Ils ne comprennent pas que celle-ci ne fasse pas appel à eux, et c'est à leurs frais que certains quittent la colonie pour aller combattre. Il faut attendre 1916 pour que le gouverneur Julien obtienne de Paris la mobilisation des Océaniens, à l'exception des ressortissants des Marquises et des îles Sous-le-Vent qui sont sujets et non citoyens français. Ceux-ci ne partiront que s'ils se portent volontaires. Au total, 1 100 soldats gagnent les théâtres d'opérations européens entre 1916 et 1917.

Privée d'une partie de ses forces vives, la colonie connaît alors des difficultés pour maintenir son activité économique. Le coup de grâce lui est porté à peine le conflit terminé sous la forme de l’influenza, l'épidémie de grippe espagnole qui, en quelques semaines, fauche huit fois plus de personnes que la guerre.

[M. Lextreyt. Chap. 2, vol. 7 ,Encyclopédie de la Polynésie]

L’enjeu politique 0 < La guerre de 14/18 1 < Les "poilus tahitiens" 2 < L’épidémie de 1918 3 < La reprise démographique 4

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