Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le retour des volontaires -

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Le retour des volontaires

5 mai 1946

Les Polynésiens qui ont participé à la Seconde guerre mondiale se sont volontairement engagés, d’où leur surnom « les Volontaires », glorieux successeurs de leurs aînés, les « Poilus Tahitiens » de la Grande guerre.

Le "Bataillon du Pacifique" devenu en juillet 1942 "Bataillon d'Infanterie de Marine du Pacifique" (BIMP), sous les ordres du général Koenig, a vécu des épisodes glorieux à Bir-Hakeim (mai-juin 1942), à El Alamein (octobre-novembre 1942), au cours de la campagne d'Italie (mai-juillet 1944) et de la libération de Toulon (24 août 1944). Soixante quinze Tahitiens sont tombés au combat sur les trois cents qui s'étaient embarqués. Il y a eu aussi des volontaires tahitiens qui ont été aviateurs, marins, sous-mariniers. Plusieurs de ceux-ci sont morts également.
Le 5 mai 1946, après de longs mois d’attente du bateau qui les rapatriera (ce fut le Sagittaire) quelque deux cents rescapés du Bataillon du Pacifique rentrent au Fenua. Ils pensent que la France sera reconnaissante envers eux. L’accueil (voir photo ci-contre) est somptueux et les décorations ne manqueront pas. Cependant, ils sont rapidement déçus qu'on ne leur accorde ni la place, ni les places qu'ils estiment mériter et qu'on leur a d'ailleurs promises. À leur arrivée, la France a déjà mis en place des institutions auxquelles ils ne participent donc pas (les élections ont eu lieu six mois auparavant) alors qu’ils estiment avoir « leur mot à dire dans la gestion du pays ».
Le gouverneur prétend avoir fait le maximum pour satisfaire les « Volontaires »(1) . Il n’empêche, la révolte gronde vite chez ces « Volontaires » et dans leurs familles. Ces combattants auréolés de gloire représentent des phares vers lesquels ces dernières se tournent. Par leur engagement, les « Volontaires » auraient droit à des places et leurs proches en bénéficieraient forcément d'une manière ou d'une autre, pense-t-on. Pour certaines familles, c'est la chance qui s'offre enfin.
Il faut donc les soutenir. Rien d'étonnant donc à ce que se crée rapidement une « Union des Volontaires »(2) (avec Jean-Baptiste Thunot, Emile Le Caill, Pierre Tixier…) dont les revendications se conjugueront avec celles du Comité Pouvanaa

Officiels en costumes blancs, attendant le débarquement des Volontaires
1. Centre des archives contemporaines (CAC), Fontainebleau 940165, article 18
2. Tous les engagés ne s'inscivent pas dans cette "Union des volontaires"

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