Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le contexte international -

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1824-1842 Le "Royaume des Pomare"

Le contexte international


La reine Victoria

Les principales puissances européennes étendirent leur influence dans le Pacifique tout au long de la première partie du XIXe siècle. Elles entreprirent cette action dans le but de protéger et de contrôler les intérêts de leurs ressortissants se livrant au commerce ou à la chasse à la baleine, et de protéger également les églises missionnaires. Dans les années 1830, à la suite des explorations scientifiques et du fait de l’établissement d’installations britanniques dans les colonies australiennes, les gouvernements anglais employèrent des officiers de marine et des agents consulaires comme principaux instruments pour étendre en Polynésie un empire officieux, à juridiction limitée. L’expérience de la France en Amérique latine, ainsi que son exploration du Pacifique, aboutirent à des procédés analogues. Ni l’un ni l’autre de ces pays d’Europe n’attachaient grande importance à l’acquisition de bases insulaires. Mais en 1840, la Grande-Bretagne s’apprêtait à annexer la Nouvelle-Zélande en conséquence d’une colonisation entamée à partir de la Nouvelle-Galles du Sud et de certains achats incontrôlés de terrains. En même temps la France, qui maintenait un comptoir d’importance limitée à Akaroa, se mit à envisager sérieusement l’acquisition d’une base territoriale dans les îles.

Dans une région si lointaine, existait toujours le danger que les agents nationaux de ces deux pays, ou les missionnaires protestants ou catholiques indépendants, ne se servent de leur influence sur les dirigeants reconnus de petites communautés océaniennes pour instaurer un monopole d’intérêt au profit de leur propre gouvernement. Pour éviter d’aggraver la rivalité latente et traditionnelle, source de tension entre la Grande-Bretagne et la France, les consuls et les officiers de marine avaient ordre de rédiger des traités garantissant l’égalité de traitement pour leurs sujets. Pour l’application de ce genre de traités, il fallut parfois l’intervention de navires de guerre de passage, avec menaces de recours à la force et réclamations de dédommagements.

L’entente franco-anglaise et le Pacifique

C’est ainsi que l’entente franco-anglaise, épargnée à grand-peine après la Restauration, survivant à une série de désaccords sur l’Amérique latine, à l’abolition de la traite des esclaves, à l’expédition d’Alger et à la crise turco-égyptienne de 1840, demeurait intacte dans le Pacifique, sous la Monarchie de Juillet. Ni Thiers et Guizot, ministres des Affaires étrangères de Louis-Philippe, ni Lord Palmerston et Lord Aberdeen, qui dirigeaient la politique extérieure de la jeune reine Victoria, ne souhaitaient voir un quelconque agent irresponsable enflammer l’opinion publique en métropole et déclencher un conflit pour des intérêts outre-mer aussi marginaux.


Chasse à la baleine

Il y avait peu de risques encore que les Etats-Unis ou une autre puissance rompe cet équilibre préservé par la diplomatie. Une source plus probable d’instabilité politique se rencontrait par contre sur place, dans les activités des négociants et des colons de Nouvelle-Galles du Sud et d’Amérique du Sud, dans les visites périodiques des flottes de baleiniers et dans l’hostilité active entre les sociétés missionnaires représentant le protestantisme britannique et le catholicisme français.

[C. Newbury, chapitre 1, volume 7, Encyclopédie de la Polynésie]

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