Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les institutions avant le protectorat -

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1824-1842 Le "Royaume des Pomare"

Les institutions avant le protectorat


Pomare IV et son époux Ari'ifaite

En théorie, il y a bien un État tahitien à l’arrivée des Français en 1842. En pratique, ce n’est pas tout à fait le cas car l’autorité de la reine est très contestée par les chefs.

Sur le plan juridique et jusqu’au protectorat, on retrouve les trois éléments constitutif d’un Etat souverain:
1. Tout d’abord, il y a un territoire nettement délimité ;
2. Ensuite, il y a un peuple, avec une langue, des traditions coutumières et une très forte identité culturelle ;
3. Enfin, il y a des institutions organisées et souveraines : une reine, une assemblée législative depuis 1824 et un code de lois (le code Pomare, datant de mars 1842). Il y a également un corps de magistrats qui constitue le pouvoir judiciaire mais il y a surtout un grand pouvoir des chefs, majoritaires au sein de l’assemblée. Dans le même ordre d’idée, cet État a un pavillon constitué de trois bandes horizontales (rouge, blanc, rouge) et un hymne intitulé Titaua. Par ailleurs, la reine entretient des relations d’État à État avec de grandes puissances qui nomment des consuls à Papeete et signent des traités avec le royaume.

En réalité, la monarchie tahitienne a perdu ses pouvoirs car la reine Pomare n’a pas le même charisme, la même autorité que son père. Elle n’a pas gagné son pouvoir par les armes et les chefs ont repris leurs prérogatives. La reine est simplement tolérée et quand l’assemblée se réunit, ce sont les chefs qui décident des lois qui vont être votées.

C’est cette situation que découvre le contre-amiral français Dupetit-Thouars lorsqu’il arrive à Tahiti. Il s’allie avec le régent Paraita et quelques grands chefs de Tahiti qui sont hostiles aux Pomare et qui souhaitent un protectorat français. En fait, si la France n’avait pas imposé son protectorat en Polynésie, il est vraisemblable qu’une autre puissance l’aurait fait, sans doute la Grande-Bretagne. D’ailleurs, la reine Pomare en a fait la demande à Londres à plusieurs reprises : elle était protestante et anglophile. Ainsi, entre 1822 et 1841, les chefs de Tahiti et les Pomare ont sollicité à huit reprises le protectorat de l’Angleterre mais ces demandes n’avaient pas eu de suite.

En 1842, les accords de protectorat entre la France et Tahiti ont un caractère diplomatique car ils sont passés entre deux Etats souverains : le royaume de France et le royaume de Tahiti. Les actes signés en 1842 créent un protectorat de droit international.

[B. Gille, « Histoire des Institutions publiques à Tahiti du XVIIIe siècle à nos jours », CRDP]

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