Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - L’instauration du protectorat -

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1824-1842 Le "Royaume des Pomare"

L’instauration du protectorat

Les événements de Tahiti en août - septembre 1842

A l'arrivée de Dupetit-Thouars, le consul Moerenhout entreprit d'organiser la signature par les principaux chefs d'une requête de protection. Dès la soirée du 7 septembre, Paraita, Tati, Utami et Hitoti étaient prêts à signer un court document, en l'absence de Pomare qui se trouvait à Moorea. Pour accélérer les négociations et justifier son action, Dupetit-Thouars avertit la communauté étrangère de l'imminence d'hostilités et publia, le 8 septembre, une « Déclaration » énumérant une liste exagérée de plaintes et réclamations de colons français concernant la terre, la contrebande et les agissements des mutoi. Une caution de 10 000 dollars espagnols était exigée sous quarante-huit heures, sinon l'île serait occupée militairement. Pomare ne reçut jamais ce document, mais seulement un exemplaire en tahitien de la requête de protection de Moerenhout, signée par les principaux chefs et apportée le 9 septembre à Moorea où Alexandre Salmon, le missionnaire Samuel Wilson, Alexandre Simpson et le juge tahitien Tairapa persuadèrent la reine d'ajouter son seing, peu de temps avant l'expiration de l'ultimatum de Dupetit-Thouars.


Rade de Pape'ete

Il y a plusieurs versions de cette requête de protection. Les conditions essentielles d'acceptation de l'autorité française sur les affaires étrangères et les résidents européens étaient le maintien des lois et du gouvernement de la reine et des chefs, l'autorité et la juridiction tahitienne sur les terres, la liberté confessionnelle et, par conséquent, la présence des églises missionnaires britanniques. Dans la version officielle française, Paraita, représentant de la reine, fut promu « régent ». Ce fut lui qui signa une « Proclamation » d'acceptation établie par Dupetit-Thouars le 9 septembre, confirmant le partage des responsabilités administratives françaises et tahitiennes. Elle instaurait un triumvirat provisoire (voir doc), composé de Moerenhout et de deux officiers de marine qui auraient autorité sur les résidents étrangers et le port, et maintenait en vigueur les tribunaux tahitiens et les codes missionnaires. Avant le départ de Dupetit-Thouars, une partie des résidents britanniques et quelques-uns des missionnaires avaient officiellement accepté cette cession partielle d'autorité ; l'amiral put alors justifier son action et la menace de recours à la force en se fondant sur la nécessité de tenir Tahiti pour consolider la fragile position française aux Marquises.

[C.W. Newbury, chapitre 1, volume 7, Encyclopédie de la Polynésie]

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