Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - TATI le Grand -

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1824-1842 Le "Royaume des Pomare"

Les personnages remarquables

TATI le Grand (vers 1773-1854).

Autre nom : Taura atua i Patea. Petit-fils du grand chef Amo de Papara, Tati appartenait au puissant clan des Teva qui exerçait sa domination sur le sud de Tahiti. Quand son grand-oncle Ariifaatia mourut sans postérité en 1798, Tati lui succéda à la tête du district de Papara. D'après la princesse Ariitaimai, « il était alors célibataire, ses relations avec Tu (Pomare 1er) étaient amicales et il accéda paisiblement à la principauté (...) Il fut toujours sage et pacifique, atteignit ses buts par diplomatie plutôt que par violence et préféra l'alliance avec les Pomare à la guerre » (Henry Adams: « Mémoires d'Ariitaimai »). C'était sans compter avec l’ambition de Pomare II qui attaqua Punaauia et Paea par surprise en 1807. Il se livra à un tel massacre que la plupart des habitants de Papara s'enfuirent dans les montagnes. Tati trouva refuge à Bora Bora, mais son frère Opuhara organisa la résistance à Tahiti avec l'aide des autres districts et écrasa Pomare en 1808. Installé à Moorea, celui-ci s'allia en 1812 avec les chefs des îles Sous-Ie-Vent. Tati faisait partie de la cour du roi Tapoa de Bora Bora et devint, sans le vouloir vraiment, allié de Pomare. Il débarqua à Moorea avec les armées des îles Sous-le-Vent mais ne prit pas part aux combats de 1815. Il chercha à se poser en médiateur et tenta de négocier la soumission de son frère à Pomare et au parti chrétien. Opuhara refusa et fut tué lors de la bataille de Fe'i Pi. Tati retrouva alors son titre d'ari'i nui de Papara et de chef du clan des Teva. A la mort de Pomare II en 1821, il aurait pu revendiquer la couronne de Tahiti mais il y renonça pour éviter de se trouver sous la coupe des missionnaires. Il était pourtant favorable à l'extension du christianisme et accepta d'organiser la répression de l'hérésie Mamaia en 1829. Partisan du protectorat français qui, selon lui, pourrait seul imposer la paix aux districts, il signa une pétition favorable à l'intervention de l'amiral Dupetit-Thouars en 1842. Lorsque ce statut put être appliqué, la pondération et l'autorité de Tati le désignèrent naturellement à la présidence de l’Assemblée législative tahitienne entre 1848 et 1852. De par ses liens familiaux et politiques, il fut un des Tahitiens les plus influents dans la première moitié du XIXe siècle. Sa personnalité est évoquée dans plusieurs ouvrages tels « Voyages aux iles du Grand océan » de son ami intime Jacques Moerenhout et les mémoires de sa petite-fille, la princesse Ariitaimai.

[Dictionnaire illustré de la Polynésie, sous la direction de F. Merceron]

TATI le Grand 0 < PARAITA 1 < HITOTI A MANUA 2 < PRITCHARD Georges 3 < MOERENHOUT Jacques Antoine 4

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