Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - La résistance à l’annexion -

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Contexte historique local

La résistance à l’annexion

Les premiers signes d'agitation apparurent dans l'archipel Tubuai et aux îles Sous-le-Vent dès 1886 ; ces dernières, que la France et l'Angleterre avaient reconnues indépendantes par la Convention de Jarnac de 1847, supportèrent mal l'abrogation de cet accord et la tentative du gouverneur Lacascade, en 1889, d'annexer officiellement l'archipel. La sédition éclata à Huahine, puis à Raiatea. Il ne fallut pas moins de huit ans pour accomplir la pacification de ces îles. I. Chessé dut revenir à Tahiti en 1895 pour mettre fin à l'insurrection qui régnait à Raiatea, conduite par le chef Teraupo. Sa mission ayant échoué, le gouverneur Gallet mena une courte campagne militaire au cours de laquelle Teraupo fut appréhendé et exilé en Nouvelle-Calédonie en février 1897. Mais il fallut attendre la loi du 19 mars 1898 pour voir les îles Sous-le-Vent intégrer officiellement le domaine colonial français (voir doc). Les choses, en revanche, se déroulèrent moins violemment dans le sud, à Rurutu et Rimatara où, grâce à l'entremise de l'Église protestante, le pavillon français put être hissé dès mars 1889. Il était temps : les chefs locaux avaient, quelques mois, auparavant, pressenti le consul anglais de Rarotonga pour organiser le rattachement de ces deux îles à l'Empire britannique. L'archipel de Cook, lui, n'attendit pas, et demanda la protection de l'Angleterre en mai 1888.


Le palais de la reine à Huahine

Le changement du protectorat à l'annexion était, pour les Tahitiens, purement nominal. Mais le cadre politique et administratif des nouveaux « Établissements français de l'Océanie », naguère marqué par une certaine spécificité locale, tendait à s'aligner plus fidèlement sur le modèle métropolitain, avec tous les désagréments que cela pouvait occasionner. Ceux que la reine Marau appelait de « petits fonctionnaires coloniaux » acquirent une influence disproportionnée sur les affaires des îles, même si Tahiti demeurait une brève escale dans leur carrière. Les administrateurs brillants furent rares et la succession rapide des gouverneurs gêna l'élaboration de projets à long terme.

[P. Lagayette, chap. 2, vol. 7 , Encyclopédie de la Polynésie]


L'aviso Aube

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