Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les partenaires commerciaux -

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Contexte économique

Les partenaires commerciaux

De 1870 à 1914, 60 à 70% du commerce des E.F.O. est accaparé par quatre pays : les États-Unis d'Amérique, la Grande-Bretagne, l'Australie et l'Allemagne.

Les États-Unis apparaissent comme le premier partenaire commercial : le port de San Francisco fournit près de 50%des besoins de la colonie française. Les denrées alimentaires et le bois de construction sont les deux secteurs clés : de leur côté, les E.F.O. fournissent coprah et vanille. Les échanges demeurent longtemps inégaux, et il faut payer en numéraires nombre d'importations américaines. Lorsque les lignes de navigation deviennent enfin régulières, les E.F.O. peuvent accroître leurs exportations en cette direction : elles passent de 30 à près de 60%, de, 1870 à 1914.

Le deuxième partenaire des Établissements français d'Océanie est l'Empire britannique. Les statistiques de l'époque ne nous permettent guère de dissocier la métropole anglaise de ses colonies du Pacifique : Australie et Nouvelle-Zélande. Les importations ne cessent d'augmenter : de 5,2% en 1875, elles atteignent 30,2%à la veille de la guerre de 14-18. Les steamers néo-zélandais apportent tissus de Liverpool, quincaillerie et faïence anglaises, mais aussi viandes sur pied d'Australie, conserves de viande et beurre salé d'Auckland, sucre des Fidji. Successivement, la colonie exporte vers ces pays des oranges, de la nacre, du coprah et enfin des phosphates. Tout au long du XIXe siècle, le marché anglais est celui qui offre les cours les plus intéressants pour la nacre et le coprah. Il n'est donc pas étonnant que Tahiti, où le négoce est dominé par des Anglo-Saxons, exporte ses meilleurs produits vers Liverpool et Londres.

Le commerce avec l'Allemagne ne connaît pas de résultats aussi spectaculaires. Néanmoins, des navires de haut tonnage font à Tahiti le plein de coprah, de nacre et de vanille, qui trouvent preneurs à Hambourg, à des cours très intéressants. L'absence de liaisons régulières freine cependant l'établissement des relations suivies, en dépit de la forte pénétration des sociétés allemandes à Papeete.

La part du commerce restant à la France est dérisoire : les importations ne représentent que 15 ou 20% des importations totales. Vins et alcools fournissent à eux seuls la moitié des produits français en vente dans la colonie. Quelques articles de luxe constituent le reste : réservés à une clientèle d'abord française, ces produits sont consommés par une petite élite. Tahiti et les archipels exportent encore moins qu'ils n'importent vers la Métropole : guère plus de 10% des exportations totales. A la faveur de quelques voiliers de Bordeaux, de la vanille et de la nacre polynésiennes échouent à Marseille ou au Havre, et le trafic demeure ridiculement bas.


Le steamer Mariposa

Il est notoire que ce ne sont pas des raisons économiques qui conduisirent la France à s'implanter en Polynésie orientale. Elle n'avait, en cette partie du monde, aucun intérêt économique à protéger, alors que l'Empire britannique était solidement implanté dans le Pacifique et que l'Allemagne, dernière venue des puissances européennes en Océanie, tissait un remarquable réseau commercial, portant ombrage au monopole exercé jusqu'alors par l'Angleterre. La France, qui ne possédait ni société ni compagnie de navigation, n'était pas de taille à lutter. Le désirait-elle vraiment ? Par les taxes et les prélèvements de toute sorte que son administration imposa, les budgets locaux parvinrent à s'équilibrer, et la Métropole put peu à peu diminuer les subventions qu'elle allouait à cette colonie du bout du monde. Si Tahiti ne rapporta guère, les Établissements français d'Océanie ne coûtèrent guère non plus.

[P.Y. Toullelan, chap. 7, vol. 7 ,Encyclopédie de la Polynésie]

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