Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - PAPINAUD (Clovis) -

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Les représentants de l’État

PAPINAUD (Clovis)

Homme politique, fonctionnaire et gouverneur des colonies. Né à Cussac en 1844, dans le département de l'Aude, il fut d'abord élu maire de sa ville natale, conseiller général de l'Aude puis nommé sous-préfet de Prades en 1877 et délégué de la République en Andorre. Profitant de sa grande popularité, il se fit élire député de Narbonne en 1883 et continua à siéger à la Chambre jusqu'en 1888, quand il renonça à son mandat pour devenir gouverneur des Comores.

Il s'acquitta si bien de sa nouvelle tâche qu'en 1893, lorsqu'il devint impératif de remplacer Etienne Lacascade, gouverneur des Établissements français de l'Océanie jugé trop autoritaire et rigide, le ministre des Colonies le désigna pour ce poste en raison de son caractère aimable et serviable « qui conviendrait à merveille aux populations douces et paisibles de l'Océanie ». La tâche du nouveau représentant de l'État fut cependant compliquée par la nomination du commissaire général Isidore Chessé, sorte de gouverneur adjoint qui devait « étudier sur place les moyens propres à relever le pays de l'état d'effondrement complet dans lequel il est tombé, s'employer à faire cesser, si possible, ou tout au moins à atténuer les divisions locales et enfin régler définitivement cette question des îles Sous-le-Vent qui n'a que trop duré ». Le seul résultat de cette cohabitation fut d'ébranler l'autorité du gouverneur titulaire qui, découragé, demanda en 1895 à être relevé de ses fonctions.

Dans un dernier rapport à ses supérieurs, C. Papinaud jugea ses adversaires en ces termes sévères: « Il faut vivre ici pendant quelque temps pour se rendre compte de l'état moral des esprits au sujet de certaines pratiques sociales qui sont en usage, même parmi les classes les plus élevées de la colonie. Ainsi, dans ce pays, la lettre anonyme est souvent utilisée dans les affaires publiques ou privées; les histoires les plus invraisemblables et même les fausses nouvelles circulent librement et trouvent aisément crédit. Un usage des plus répandus consiste à attribuer à son adversaire des torts imaginaires pour lui faire jouer un rôle ridicule ou odieux; enfin l'évidence même est niée avec une assurance qui tient du cynisme. Le sens moral public est ici perverti à ce point que l'usage de ces pratiques ne porte pas atteinte à l'honneur ni à la considération de la personne qui les emploie ».

[Dictionnaire illustré de Polynésie, sous la direction de F. Merceron]

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