Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le problème de l’impôt en 1898 -

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Le problème de l’impôt en 1898

Le 14 novembre 1898, le gouverneur Gallet propose au Conseil général la création d’une nouvelle taxe pour équilibrer le budget (voir doc).

« On est surpris, et même attristé, lorsqu'on visite nos différentes îles de trouver si peu de champs cultivés. La grande majorité des détenteurs de nos magnifiques terres, n'ayant aucune charge à supporter, n'éprouvent nul besoin de demander à leurs propriétés un revenu quelconque. Ils poussent, en général, si loin l'indifférence à ce sujet, qu'ils ne veulent ni vendre, ni même louer une parcelle quelconque de ces terres, dont ils ne tirent aucun parti.

Un pareil état de choses empêche, je le répète, tout progrès dans un pays comme le nôtre, qui ne peut se développer que par l'agriculture. Cet état est d'ailleurs unique au monde, et il suffit pour s'en convaincre de jeter un coup d'œil sur l'organisation des autres colonies. Ainsi, pour ne parler que des possessions françaises, on trouve que l'impôt foncier a été établi partout. »

A l'instar des autres gouverneurs, Gallet souffre également de l'illusion qu'il est possible, dans le domaine de la fiscalité, de faire appel aux sentiments patriotiques des conseillers, car il ajoute allègrement :

« La colonie, Messieurs, me paraît arrivée à un tournant de son histoire sur lequel je crois devoir appeler toute votre attention. Ou, dégagés de toute considération d'ordre privé, vous allez patriotiquement vous décider en faveur de l'importante amélioration que je vous propose ; ou vous conserverez le statu quo, et alors le pays restera condamné à un piétinement dont il est impossible d'entrevoir la fin.

Une des raisons qui doivent aussi influer sur la décision que vous êtes appelés à prendre, c'est qu'en réalité, dans notre colonie, la vie y est des plus faciles, et que personne ne saurait se plaindre d'un chiffre d'impôts dont la moyenne par habitant, même après la création des nouvelles contributions proposées, sera inférieure à celle de la plupart de nos colonies. »

Et, dernière bévue, le gouverneur fait valoir combien les heureux habitants de la colonie sont favorisés par rapport aux métropolitains :

« Les charges des contribuables de nos Établissements ne peuvent en tout cas être comparées à celles qui pèsent sur nos compatriotes de la Métropole, qui, outre les rigueurs du climat, les maladies, le manque de travail, les nécessités de plus en plus nombreuses de l'existence, toutes choses à peu près inconnues sous notre ciel privilégié, ont à payer un impôt presque double du nôtre et à satisfaire aux obligations du service militaire. »

En précurseur parfait des temps modernes, Gallet propose, pour clore, l'impôt le plus impopulaire de tous les temps et de tous les pays : la vignette, non seulement sur les voitures, mais aussi sur les chevaux et les bicyclettes !

[Cité par B. Danielsson dans le Mémorial Polynésien]

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