Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les phosphates de Makatea -

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Le contexte économique

Les phosphates de Makatea

En 1908, l'ingénieur Rozan estima à huit millions de tonnes le volume de phosphate (voir doc) exploitable à Makatea. A l'heure du bilan, en 1966, ce sont 11,2 millions de tonnes qui ont été extraits, tant du gisement principal que des gisements dispersés, où l'on retrouve des poches de minerai séparées par des amas calcaires. On est même revenu sur des zones incomplètement exploitées autrefois, parce que peu accessibles avec les moyens de l'époque (chantiers de reprise).

Le rythme de production s'est révélé d'une assez grande irrégularité suivant les périodes, comme nous le montrent les tableaux statistiques.

Si l'on atteint rapidement 82 000 tonnes en 1913, l'isolement dans lequel se trouve plongée la colonie durant le premier conflit mondial porte un coup très dur à l'exploitation, et les chiffres se stabilisent autour de 30 000 tonnes de 1916 à 1920. En valeur, on passe même de 1,5 million de francs à 650 000 francs.

La nette reprise constatée dans les années vingt - 1929 est une année record, avec 251 000 tonnes et 11 millions de francs de chiffre d'affaires - est à nouveau stoppée brutalement par les effets de la crise mondiale. La production redescend alors en dessous de 80 000 tonnes durant deux ans (1933-34).


Tapis roulant transportant le minerai.

Produit typique d'exploitation coloniale, le phosphate est donc à la merci de l'évolution du marché mondial, rendant aléatoires les perspectives économiques et financières des E.F.O.

Remarquons toutefois qu'après 1945 on ne relève plus d'effondrement spectaculaire. L'amélioration des échanges à travers le Pacifique en est une des causes majeures. La Deuxième Guerre mondiale, par exemple, n'a eu aucune incidence marquante sur la production de Makatea. Pourtant, le Japon, qui écoulait la quasi-totalité du minerai, est devenu puissance ennemie vers laquelle on arrête toute fourniture. Qu'à cela ne tienne, la Nouvelle-Zélande et l'Australie relaient l'archipel nippon et la C.F.P.O. continue à s'assurer des bénéfices substantiels. La compagnie profite, il est vrai de la destruction du port de Nauru, principal producteur de phosphate du Pacifique Sud.

Jusqu'en 1956, les fournitures oscillent entre 200 000 et 250 000 tonnes. Par la suite, on note une nette amélioration des exportations du minerai, puisque l'on passe à 350 000, et même 400 000 tonnes en 1960 (chiffre record).


Le petit train de Makatea.

Ces brillants résultats n'ont été possibles que grâce à la mise en service de la jetée Seibert. Ils ne doivent pas faire oublier que les jours de Makatea sont alors comptés.

[M. Lextreyt. Chap. 2, vol.7, Encyclopédie de la Polynésie]

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