Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les débats -

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Le Conseil d’Administration

Les débats

Les pouvoirs et la composition du Conseil d'administration ont été conçus de telle manière que cette assemblée consultative ne puisse pas se transformer en tribune politique comme cela avait été le cas pour le Conseil général. Ainsi, il n'y a pas de campagne électorale propre au conseil puisque les conseillers ne sont pas désignés au suffrage universel. En outre, les séances ne sont pas publiques et les ténors de la vie politique locale n'ont donc plus de tribune.

Nonobstant, plusieurs personnalités importantes de l'ancien Conseil général vont continuer à siéger dans le Conseil d'administration. Leurs critiques vont continuer et ils vont affronter régulièrement le gouverneur et les fonctionnaires sur les mêmes thèmes que précédemment, à une différence près : ils n'ont plus de public d'électeurs pour les applaudir, ce qui rend les interventions plus raisonnables entre professionnels. Si le fond ne change pas, la forme s'améliore.

C'est surtout lors de la discussion du budget de la colonie que les débats sont les plus vifs. Très souvent, les conseillers non fonctionnaires font remarquer qu'ils n'ont aucun pouvoir, si ce n'est celui d'accepter les décisions prises par le ministre et le gouverneur.

Ainsi, le maire de Papeete, Cardella, et les présidents des chambres de commerce et d'agriculture refusent toutes les augmentations d'impôt et réclament la diminution du nombre des fonctionnaires qui grèvent lourdement le budget de la colonie.


Pape'ete dans les années 30.

Ces conseillers s'opposent, en particulier, à la création de tout impôt nouveau, surtout l'impôt sur la propriété bâtie dont le rejet en 1903 avait provoqué la suppression du Conseil général. Lors de la séance du 28 décembre 1904, le président de la Chambre de commerce Raoulx apostrophe le gouverneur au sujet de la création de cet impôt : « Elle est basée sur le parti pris évident de l'administration de vouloir conserver nombre de dépenses inutiles au budget : c'est l'écrasement, c'est la faillite et la ruine à bref délai par le seul fait de maintenir une administration jouant au grand ministère. On veut faire grand et pour y arriver, on écrase le malheureux contribuable qui a eu la mauvaise chance de s'établir ici. »

Enfin, l'éternelle question de l'immigration des Chinois occupe un très grand nombre de séances comme cela avait été le cas au temps du Conseil général. Les commerçants français, par la voix du président de la Chambre de commerce, ne cessent de réclamer des décisions administratives dans le but de limiter le nombre de commerçants chinois dans la colonie. Tout le problème consistait à faire une distinction subtile entre les Chinois agriculteurs indispensables au développement des domaines des colons et les Chinois commerçants qui concurrençaient fortement le commerce européen.

Le Conseil d'administration concentrant tous les pouvoirs entre les mains de l'exécutif fut l'objet de nombreuses critiques. Ainsi, le 31 janvier 1922, l'avocat Marius Bertrand publie à Papeete une brochure intitulée : « Théorie critique du régime administratif à Tahiti. Essai de reconstitution d'un nouveau régime. Il faut à Tahiti un statut spécial ». Cet avocat qualifie le système en place d’« organisation administrative impolitique et à tout point de vue malheureuse ». Il demande l'autonomie financière de la colonie et la création d'une assemblée délibérante dont les membres seraient élus pour six ans au suffrage universel.

Ses idées sont exposées à nouveau par les conseillers non fonctionnaires à l'inspecteur des colonies Moretti lors de son séjour à Tahiti en 1929.

En avril 1932, les mêmes idées sont soumises à l'inspecteur des colonies Cazeaux, avec pour conséquence la création d'une nouvelle assemblée aux pouvoirs plus étendus.

[B. Gille. Histoire des Institutions Publiques à Tahiti du XVIIIe siècle à nos jours – CRDP]

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