Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - 1818 - La fondation de Papeete par W. Crook -

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1818 - La fondation de Papeete par W. Crook

« Après avoir aidé pendant deux ans William Ellis à imprimer l'Evangile de Luc et d'autres livres pieux, à l'aide de la nouvelle presse installée à Afareaitu, le pasteur Crook put donc s'établir le 14 avril 1818 à l'est de Pare, pour créer une nouvelle mission, à laquelle fut donné le nom de Wilks Harbour, en l'honneur d'un des directeurs de la Société de Londres.


Vue de la maison du pasteur Crook en 1822

On pourrait supposer qu'avec une perspicacité étonnante, Crook avait choisi cet endroit en prévoyance du futur développement de ce site en un port et une ville d'importance. Or, c'est parce que les autres missionnaires voulaient à tout prix réoccuper leurs anciennes paroisses, à Tiarei, Matavai, Papaoa, Punaauia et Papara, qu'il ne lui restait pas d'autre choix que cette plaine marécageuse et presque inhabitée. Ajoutons que la végétation y consistait surtout en arbustes tahinu, avec quelques bouquets épars de cocotiers et d'arbres à pain. Si un jour la commune de Papeete décide d'adopter un emblème, une grappe de fines fleurs blanches de tahinu devrait y figurer en bonne place.

Afin d'échapper à l'humidité et aux nuages de moustiques porteurs de filaires, Crook fit bâtir tout de suite une grande villa sur la colline Faiere, qu'il baptisa Mount Hope, Montagne de l'Espérance. En même temps, une autre équipe de travailleurs volontaires construisait en bord de mer, au lieu dit Paofai, deux grands fare pote'e, dont le premier devait servir de temple et le second d'école. William Ellis, qui rendit visite à son ami Crook peu de temps après, estima que « la situation choisie pour sa maison, bien qu'ayant les inconvénients d'être éloignée de la mission et d'un accès fatigant, à cause de son altitude, avait en compensation bien des avantages. L'air y est remarquablement pur, la température généralement plus fraîche que dans les plaines voisines et l'on y jouit d'une vue splendide sur un vaste horizon. » Les professeurs et les élèves de l'école pastorale de l'Eglise évangélique, qui occupe aujourd'hui ce site, partagent tous cet avis.


William Crook (1775-1846)
Missionnaire protestant de la LMS.

A cette époque, Crook possède déjà deux années de pratique de la langue tahitienne et, dès le début de son pastorat, il est capable de prêcher d'une manière intelligible. Sa femme et ses deux filles aînées, âgées de seize et dix-huit ans, assument avec dévouement la tâche ardue d'apprendre à lire aux nombreux adultes et enfants qui affluent à la mission, à l'aide d'un abécédaire en tahitien, imprimé à Afareaitu. Assez vite, les Crook se rendent compte que leurs paroissiens souffrent de tant de maux qu'il devient nécessaire de compléter leur apostolat spirituel par des soins corporels. C'est ainsi que sera bientôt construit dans l'enceinte de la mission, à Paofai, le premier hôpital du territoire. Il est réservé exclusivement aux femmes et le personnel soignant se limite à Mrs Crook et à ses filles, conseillées par le pasteur qui possède des connaissances médicales très solides.

S'il faut avant tout attribuer le succès de la nouvelle mission aux qualités personnelles et au dévouement de Crook et des membres de sa famille, on se doit de signaler également l'exemple donné par le chef de Pare, Pomare II. Sa résidence principale se trouve toujours à Papaoa, à Arue, mais il séjourne souvent à Motu uta, îlot faisant partie d'une terre ancestrale située en face, sur le rivage, et où il a installé une sorte de bureau de travail. Car il est, de loin, la personne la plus lettrée de son royaume et il passe des heures et même des journées entières, couché à plat ventre sur un peue, à corriger, à l'aide d'une plume trempée dans de la sève de fe'i, les traductions des textes bibliques faites par les missionnaires. Parmi ceux-ci, Crook devient vite son collaborateur préféré, grâce à ses connaissances linguistiques. De plus, il est le seul capable de soulager les souffrances du roi, dues à un éléphantiasis ancien, aggravé par une consommation immodérée de rhum ».

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