Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Installation catholique aux Gambier -

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1824-1842 Le "Royaume des Pomare"

Installation catholique aux Gambier

Le 9 juillet 1834, jour de la fête de Notre-Dame de Paix si chère à leur congrégation, les missionnaires de Picpus voient enfin leurs espoirs récompensés. Le capitaine français Armand Mauruc, bon connaisseur des archipels océaniens, avance l’idée des îles Gambier où les protestants ne sont pas encore installés. Le même jour, le frère Columban trouve le capitaine Sweetland de la Peruviana qui « conclut le transport pour le prix de 100 dollars chacun ». Le 16 juillet, les pères Caret et Laval, accompagnés du frère Murphy, s’embarquent de Valparaiso pour les Gambier.

F.Caret (1802-1844)

Dès qu’ils aperçoivent le mont Duff et les pics de Mangareva le 7 août 1834, les missionnaires bénissent les Gambier et consacrent la mission qui débute à Notre-Dame de Paix (Maria no te Hau), selon la recommandation de Mgr Etienne Rouchouze.

Les tribulations des missionnaires

La première année que passent les missionnaires dans l’archipel s’apparente à une véritable « opération survie ». Les rongeurs ayant flairé les cartons de biscuits et les sacs de haricots, mettent à mal les réserves et anéantissent les essais de jardinage entrepris avec les graines potagères apportées de France et de Valparaiso. Les provisions s’épuisant rapidement, il faut s’initier au ma, pâte fermentée de fruits de l’arbre à pain ou de taro, à l’odeur forte et au goût piquant pour des Européens.

Mais leurs préoccupations ne sont pas seulement matérielles, car chacun de leurs gestes donne lieu à interprétation. Ainsi, ayant célébré leur première messe sur le rivage le 15 août 1834, leur principal souci a été de baptiser les enfants en danger de mort. Cette pratique leur vaudra en fait une réputation de mangeurs d’enfants. De même, leur manière de tout noter sur un petit carnet pour apprendre la langue fera redouter les mauvais sorts. La seconde visite à Mangareva, quelques jours après leur arrivée, faillit tourner au tragique. Ayant refusé les jeunes filles offertes en cadeau par le roi, les missionnaires sont pourchassés pour cette grave offense. On met le feu aux roseaux où ils se cachent et ils ne doivent leur salut qu’à une fuite éperdue. Retournés à Aukena, ils y installent la mission, dans des conditions matérielles très dures. Ils visitent les malades, soignent quelques cas avec succès, composent minutieusement lexique et grammaire et, dès la fin de 1834, ils peuvent dire en mangarévien les premières prières.

Ch. Laval (1808-1880)

Après le départ de Georges Nobbs pour Pitcairn, en février 1835, les missionnaires catholiques se retrouvent seuls dans l’archipel. Mais, pour le moment, ils restent à Aukena et Akamaru sans aller dans la grande île de Mangareva encore hostile. Et c’est à partir d’Aukena que les instructions se répètent de bouche à oreille d’une île à l’autre. Le 8 février à Akamaru, le 1er mars à Aukena, les premières chapelles en pandanus sont inaugurées.

[P. Hodée, chapitre 7, volume 6, Encyclopédie de la Polynésie]

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