Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le premier appareil photographique et la première photographie -

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1824-1842 Le "Royaume des Pomare"

Le premier appareil photographique et la première photographie

Le père O’Reilly retrace dans « Les photographes à Tahiti », l’histoire du premier appareil photographique embarqué par Dupetit-Thouars à bord de la Reine Blanche.

« La plus ancienne mention littéraire concernant l'introduction d'un appareil photographique en Océanie semble se rattacher à l’expédition conduite par Dupetit-Thouars lors de l'occupation des Marquises en 1842. Voici l'affaire. Le 2 novembre 1841, le Contre-amiral Dupetit-Thouars écrit au Ministre de la Marine, que, s'étant « exercé à prendre des vues au daguerréotype », il serait heureux de se voir attribuer un appareil qui serait utilisé « pour le service de la station dont vous avez bien voulu me confier le commandement ». Dupetit-Thouars, étant à la veille de son départ, la demande ne traîna pas dans les bureaux. Dès le lendemain, l'Amiral Duperré, Ministre de la Marine, répondait à son collègue, le nommant Président d'une commission qui sera chargée de l'achat de ce daguerréotype. Voici la lettre : Paris, le 3 novembre 1841.

« Monsieur le Contre-amiral, le 2 de ce mois, vous m'avez demandé de mettre à votre disposition un Daguerréotype pour le service de la station de la Mer du Sud que vous êtes appelé à commander. J'ai l'honneur de vous prévenir qu'une commission sera chargée du soin de faire l'acquisition de l'instrument dont il s'agit. Cette commission, que vous présiderez, sera, en outre, composée de MM Fleuriais, sous-chef de Bureau au Ministère de la Marine, et Paulin, sous-commissaire de la Marine. Je vous prie de leur faire connaître le moment qui vous conviendra pour l'achat de ce Daguerréotype. Vous voudrez bien me transmettre ensuite en double expédition le marché qui aura été passé à ce sujet ».


Crânes de la tribu de Teis de Nuku Hiva. Dans le même temps que ces reliques servaient à être lithographiées, un dagueréotype étais pris, devenant ainsi la première photographie prise d'un sujet polynésien.

Un appareil à bord d'un navire de guerre n'est du reste peut-être pas une nouveauté. On entend dire, dans la marine, que la frégate qui ramena en 1840 les Cendres de Napoléon en France avait un photographe à bord et que les Anglais, à Sainte-Hélène, lui interdirent de prendre des vues de l'île.

Nous pouvons donc inférer de ces documents littéraires qu'un appareil circula à cette époque en Polynésie. Mais nous devons avouer n'avoir retrouvé nulle part traces des activités photographiques de l'amiral commandant la Station des Mers du Sud et reconnaître que les rapports officiels de l'expédition restent muets sur l'utilisation de l'appareil « en bois de sycomore, solidement assemblé et parfaitement verni », fourni par l'opticien Buron.

Ces documents sont conservés dans les registres de la correspondance générale de la Marine. La suite de l'affaire se retrouve ailleurs dans les archives. Si nous n'avons pas rencontré le compte rendu de la commission, nous avons au moins la facture de M. Buron, opticien à Paris, qui, pour la somme de 562,50 F fournit à la Marine l'appareil et les accessoires destinés à la Station de la Mer du Sud.

On peut donc raisonnablement penser que, lorsqu'il quitta Brest le 20 décembre 1841, Dupetit-Thouars emportait avec lui un appareil qui a dû se promener sur la Reine Blanche de Valparaiso (mars 1842) aux Marquises (avril 1842), et à Tahiti (août 1842 - novembre 1843) avant de regagner la France ».

Si aucune des photographies, prises durant le voyage n’a été à ce jour retrouvé, il est à signaler en revanche un daguerréotype, pris par Louis Auguste Bisson en 1841-1842, d’un crâne d’homme de la tribu des Teis de Nuku Hiva.

Ce même crâne figure sur une lithographie de Leveillé illustrant le « Voyage au Pôle Sud » de J. Dumont d’Urville.

L.A. Bisson ayant avec son frère Auguste-Rosalie, dits « les frères Bisson » pignon sur rue, il semble vraisemblable qu’il ait réalisé la photographie à Paris à partir de dépouilles mortelles rapportées par Dumont d’Urville.

Aussi, la première photographie « tahitienne » serait la photographie d’un marquisien mort. Elle est aujourd'hui dans les collections du Musée du quai Branly.

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