Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Exigences de Pomare V -

Sommaire

Le kiosque

La presse de l'époque

Le kiosque

! Vous êtes ici : Les événements marquants | 1880-1885. Le Conseil colonial | La cession de Tahiti à la France | Exigences de Pomare V

Exigences de Pomare V

Dans cette déclaration, que voici, Pomare V pose des conditions ou réserves relativement importantes :

Nous Pomare V, Roi des îles de la Société et dépendances,


Rassemblement de la foule autour du palais du roi

Parce que nous apprécions le bon gouvernement que la France a donné aujourd'hui à nos États, et parce que nous connaissons les bonnes intentions de la République française à l'égard de notre peuple et de notre pays dont elle veut augmenter le bonheur et la prospérité,

Voulant donner au Gouvernement de la République française une preuve éclatante de notre confiance et de notre amitié,

Déclarons par les présentes, en notre nom personnel et au nom de nos descendants et successeurs,

Remettre complètement et pour toujours entre les mains de la France le gouvernement et l'administration de nos États, comme aussi tous nos droits et pouvoirs sur les îles de la Société et dépendances,


Portrait de Pomare V vers 1887

Nos États sont ainsi réunis à la France, mais nous demandons à ce grand pays de continuer à gouverner notre peuple en tenant compte des lois et coutumes tahitiennes.

Nous demandons aussi de faire juger toutes les petites affaires par nos conseils de district afin d'éviter pour les habitants des déplacements et des frais très onéreux.

Nous désirons enfin que l'on continue à laisser toutes les affaires relatives aux terres entre les mains des tribunaux indigènes.

Quant à nous, nous conserverons pour nous-mêmes le titre de roi, et tous les honneurs et préséances attachés à ce titre ; le pavillon tahitien avec le yacht français pourra, quand nous le voudrons, continuer à flotter sur notre palais.

Nous désirons aussi conserver personnellement le droit de grâce qui nous a été accordé par la loi tahitienne du 28 mars 1866.

Nous faisons cette déclaration à la famille royale, aux chefs et au peuple, pour qu'elle soit écoutée et respectée.

Afin de donner force de loi à cette cession, il faut, bien sûr, qu'elle soit acceptée et votée par le Sénat et la Chambre des députés de la République. C'est, pourquoi le commissaire Chessé ne peut accepter l'offre qu'en ces termes :

Nous, Commandant Commissaire de la République aux Établissements français de l'Océanie,

Agissant en vertu des pouvoirs qui nous ont été donnés,

Déclarons accepter, au nom du Gouvernement de la République française, les droits et pouvoirs qui nous sont conférés par Sa Majesté Pomare V, auquel se sont joints tous les chefs de Tahiti et Moorea ;

Déclarons, en conséquence, sauf la réserve de la ratification du Gouvernement français,

Que les îles de la Société et dépendances sont réunies à la France.

Retour en haut de page