Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - 1884 Incendie de Papeete -

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1884 Incendie de Papeete

Le Journal Officiel fait le récit de l’évènement :

« Hier, vers quatre heures du matin, un incendie a éclaté à l’angle nord-ouest du quai du Commerce et de la rue de la Petite-Pologne. Il a gagné rapidement les rues adjacentes. Malgré les efforts réunis de la population, des marins, des militaires de toutes armes, une quinzaine de maisons environ sont devenues la proie de flammes.

L’incendie a détruit :

Sur le quai, à l’ouest, les maisons Crawford, Drollet et le Cosmopolitain Hôtel ; à l’est, les magasins de MM. Cape et Coppenrath.

Dans la rue de la Petite-Pologne, côté ouest, les magasins Raoulx, Boyd, etc., le feu, grâce à des coupées et à des secours intelligents, s’étant arrêté devant le magasin Walker ;


Plan de Pape'ete sur lequel figure, en sombre,
la zone touchée par l'incendie de 1884

Côté est, trois ou quatre boutiques chinoises et le restaurant Renvoyé, récemment ouvert au public ; la brise de terre venant à souffler, le feu épargna le magasin de M. Maxwell.

Vers six heures, ces maisons, ces magasins, la veille bondés de produits, de marchandises, de richesses, n’offraient plus à la vue qu’un amas de décombres fumants.

Dès les premiers cris d’alarme, le Gouverneur, accompagné du lieutenant de vaisseau détaché près de lui ; le directeur de l’Intérieur et le Chef du service judiciaire se sont rendus sur les lieux du sinistre, où les secours commençaient à s’organiser.

Les membres de la magistrature, les chefs et les officiers des différents corps de troupes en service à terre, le capitaine de l’Orohena, l’officier en second et deux enseignes de la Vire ; des détachements puisés dans les équipages des bâtiments de la station locale, les chefs de service et le personnel des administrations, le président du conseil colonial, le président de la Chambre de commerce, les membres des divers corps élus, les ministres protestants, les Frères de Ploërmel, les équipages des navires de commerce sur rade se sont tous multipliés et ont rivalisé de zèle pour circonscrire le fléau, qui menaçait de détruire toute la cité commerciale. Chacun a fait son devoir avec un grand dévouement et une rare présence d’esprit.

La pompe que la Société Commerciale de l’Océanie a fait venir il y a quelques temps d’Amérique, a contribué puissamment à arrêter la marche de l’incendie vers l’ouest en sauvant la maison Turner et Chapman d’une perte certaine, et en empêchant ensuite le feu de s’étendre à l’est au-delà du magasin Coppenrath.

On a à regretter quelques accidents, peu graves du reste. Les blessés ont été envoyés à l’hôpital, où ils ont reçu les secours empressés du service de santé.

Les résultats obtenus en faisant la part du feu ont pu limiter un événement qui tendait à prendre les proportions d’une véritable catastrophe.

Quoi qu’il en soit, les pertes sont énormes, et le pays se ressentira nécessairement de l’appauvrissement de la place. Cet incendie est le plus considérable qui s’est vu dans la colonie.

Toute porte à croire qu’il ne peut être attribué à la malveillance. »

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