Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Henry Lemasson, photographe et receveur des postes -

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Henry Lemasson, photographe et receveur des postes


Henry Lemasson

Receveur des postes, il arrive à Tahiti le 6 juillet 1895 et y reste jusqu'en 1904.

Il fait un second séjour de 1912 à 1920, mais c'est à l'occasion du premier qu'il produit un travail qui le place dans la lignée de Spitz.

Henry Lemasson, écrit le Père O'Reilly, « a une âme d'artiste sans en posséder tous les moyens ». Sans être un artiste il est le chroniqueur précieux de Tahiti sous l'administration des gouverneurs Gallet et Petit.

Ses prises de vue de la ville, des districts, des îles - jusqu'aux Marquises et aux Tuamotu - sont agréablement descriptives. Il aime également faire poser ses amis, fonctionnaires comme lui, devant leur lieu de vie ou de travail.

Receveur des postes, Henry Lemasson nous fait suivre l'évolution de son administration : nouvelle poste, facteurs au travail, et n'hésite pas à prêter ses clichés pour la réalisation de timbres. Mais les photographies d'Henry Lemasson, au delà de leur aspect descriptif, sont révélatrices de l'évolution de la colonie et de la société en train de se constituer.


"D'où venons-nous ? Qui sommes-nous ? Où allons-nous ?" est le seul des tableaux de Gauguin à avoir été photographié dans l'atelier du peintre

Les Français qui s'installent, militaires ou marins, la plupart du temps sont célibataires et ils ne tardent pas à chercher une compagne même s'ils continuent pour la majorité à épouser une compatriote.


"Grand-mère et sa petite-fille", photographie
de Lemasson 1896

Henry Lemasson est le photographe de ces hommes que décrit Raoul Girardet : « hommes aux uniformes marqués de l'ancre marine, conquérants fiévreux d'un immense empire, les fils des pharmaciens et des notaires de Bastia ou de Chateauroux, partis chercher un surcroît d'avancement ou de fortune aux bords du Mékong et du Niger, les boutiquiers, les fonctionnaires, les aventuriers, les missionnaires, les fervents de l'époque, les laissés pour compte de la société bourgeoise et les petits bourgeois eux-mêmes amateurs d'apéritifs et de repas de famille. Les voici saisis à un moment de leur destin, dans l'élan de l'aventure ou la banalité du quotidien ».

Photographe des notables, il est significatif, qu'alors qu'Eugène Courret faisait le portrait des Gibson, des Dunett, que Spitz photographiait les Salmon, Henry Lemasson devient le portraitiste des Cardella, des Millaud, des Lagarde, des Goupil illustrant la montée en puissance politique et économique des notables farani du Conseil général.

Fonctionnaire, notable, Henry Lemasson n'exclut cependant pas les Tahitiens de ses photographies. Il les fait poser individuellement, en couple ou en petits groupes, mais évite l'artifice du studio et, les disposant dans un décor naturel, leur confère une réalité, une identité, qui nous les rend plus proches.


Une rue à Pape'ete vers 1897

Certaines des photographies d'Henry Lemasson ont, à l'instar de Spitz, servi de support d'inspiration à Paul Gauguin. Ainsi, celle de deux femmes de Mataiea, datant de 1897, est indubitablement à l'origine de la toile « Mère et fille » peinte en 1901 ou 1902.

Trois cent négatifs d'Henry Lemasson sont conservés aux Archives d'Outre-mer à Aix en Provence et de nombreux tirages de format 13x18 isolés ou réunis en albums ont été identifiés chez des collectionneurs privés.

[Ch. Gleizal]

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