Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Lucien Gauthier, commerçant et photographe professionnel -

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Lucien Gauthier, commerçant et photographe professionnel

Né à Paris en 1895, employé de banque à San Francisco, il suit une formation de photographe avant de venir s'installer en 1904 à Tahiti où il ouvre un atelier rue de l'Est. Il monte également un commerce de curios et d'objets d'artisanat et s'intéresse au négoce de la nacre et de la vanille.


Magasin "curios" de L. Gauthier

En 1921, quand il quitte Tahiti, il met en vente: « magasin et atelier bien situés, une confortable maison d'habitation avec électricité, téléphone, garage pour auto, tout à l'égout ».

Lucien Gauthier est un photographe prolifique qu'aucun sujet ne rebute. Mais laissons parler Michel Claude Touchard, dans une préface à la réédition, en 1985, par les Editions du Pacifique de l'ouvrage de Lucien Gauthier « Tahiti » paru en 1933 (voir doc):


Photographie panoramique du port de Pape'ete

« L'apprentissage de photographe-paysagiste commence en ce temps-là, par de sérieuses expéditions sur le chemin qui fait le tour de l'île. On ne partait pas alors pour la chasse au motif, avec en bandoulière, un bijou à cellule incorporée.


L. Gauthier fut l'initiateur de la série
"Beautés polynésiennes", reprise par Bopp et
distribuée par le Marché colonial

Il fallait un entêtement de colporteur pour hisser un lot de plaques sensibles jusqu'au lac Vaihiria, encore protégé par la brousse ».

Lucien Gauthier, amateur de nature est aussi photographe de la ville où il utilise son « encombrant et somptueux bidule à trépied, nommé allvista, qui pivote avec repérage angulaire et permet de bâtir de ces panoramiques » dont écrit Michel Claude Touchard « j'aimerais bien avoir un tirage grand format en guise de voyage autour du monde ».

Reporter des événements historiques survenus dans la colonie, nous lui devons les témoignages du cyclone de 1906, de l'échouage du Kersaint ou encore du bombardement de Papeete en 1914 qui marqua longtemps les esprits des habitants.

Portraitiste, photographe de mariage, c'est souvent en studio que Lucien Gauthier arrive à faire passer une émotion qui tient souvent plus du sujet que du photographe lui-même. Michel Claude Touchard encore : « Alors, en studio, Gauthier donne dans la composition et fait de la scène de genre un tableau qui doit correspondre à l'idée que les lecteurs de Pierre Loti se font encore des belles tahitiennes alanguies, surchargées de châles et de colifichets, et infiniment pudiques. Plus orientales que polynésiennes. Si l'on est loin des danseuses affublées de crinolines des dessins du XVIIIe siècle, on est très près de la photo d'art 1900 sur fond de velours et trompe-l’œil sylvestre ».

On perçoit en effet chez Lucien Gauthier l'empreinte persistante du goût de l'orientalisme qui marque la photographie du début du XXe siècle. Plus que leurs homologues de métropole, les photographes opérant en terre coloniale sont tributaires des modèles et des modes hérités de la plastique picturale.

De nombreux photographes, au cours du XXe siècle, s'engouffreront dans cette voie et alimenteront un courant toujours vivace aujourd'hui.

[Ch. Gleizal]

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