Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le retour des « Poilus » -

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Le retour des « Poilus »

« Le 25 juin 1919, vers 9 heures, le navire El Kantara, qui transportait les troupes faisant partie des contingents tahitien et calédonien, était signalé par le sémaphore et aussitôt une salve de 21 coups de canon salua la nouvelle si impatiemment attendue depuis plusieurs jours. La population déjà sur le qui vive, grâce à un radio émanant du navire parcourait joyeusement les rues de Papeete et se dirigeait presque toute vers les quais, pour assister à l'entrée de l'El Kantara. Diverses goélettes et embarcations, quelques-unes chargées de musiciens et choristes tahitiens voguent allègrement à la rencontre du grand vapeur, lançant à tous les échos les airs et les refrains de bienvenue. Aussi, dès que l'El Kantara a franchi la passe et stoppé en rade pour subir la formalité de l'arraisonnement, il est entouré et comme escorté de musique, de cris, de chants, auxquels les poilus, massés sur tous les points du navire, répondent par de vigoureux et unanimes hourrahs. Enfin, une fois terminées les opérations préalables au débarquement, il est accordé aux militaires une heure pour se reposer dans leurs familles, avant de passer la revue qui constitue la principale cérémonie officielle.


Retour des "Poilus" le 25 juin 1919 sur l'El Kantara

Puis, vers 13 heures, les troupes magnifiques d'entrain et de tenue, en dépit des fatigues du voyage et de la chaleur, que les capotes de drap bleu et les casques de métal rendent plus pénible, partent du débarcadère de la Douane et, passant fièrement sous les arcs de triomphe de verdure ornés d'une Croix de guerre, viennent se ranger devant les tribunes édifiées sur l'avenue Bruat, et où prennent place d'un côté les autorités avec leurs familles, de l'autre tout un peuple de chanteurs petits et grands, où domine un essaim de charmantes jeunes filles. A l'entrée de la tribune officielle, Mlle Raoulx, superbement costumée en République française et coiffée d'un éclatant et élégant bonnet phrygien, tient un superbe drapeau de soie tricolore, que le Gouverneur remettra bientôt lui-même aux troupes, au cours de son discours, de la part du Comité des Anciens Élèves des Écoles de Papeete. Environ 200 chanteurs entonnent la Marseillaise, que tout le monde écoute debout, et l'émotion est à son comble lorsque s'envolent harmonieusement, sur les lèvres de toute cette jeunesse, les immortelles paroles du dernier couplet, si pleines d'actualité ; bien des yeux sont humides. »

[Journal officiel, juin 1919]

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