Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Arrivée d’A. Gerbault -

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Arrivée d’A. Gerbault

Le 18 mars 1926, à la nuit tombante, le yatch Firecrest entrait dans le port de Papeete, venant de New-York, via Panama, Galapagos, les Gambier, les Tuamotu, les Marquises et portant à son bord – propriétaire, capitaine, équipage réunis en une seule personne – A. Gerbault.


Alain Gerbault sur un bateau de la marine nationale en août 1934

Joueur de tennis international, aviateur de chasse durant la guerre, Alain Gerbault conquit en 1923, une renommée quasi universelle par un exploit sportif difficilement égalable : la traversée sur un petit bateau d'environ 10 tonneaux (l'actuel Firecrest) de l'Atlantique-Nord d'est en ouest. En fait, jamais homme naviguant seul, n'avait encore traversé l'Atlantique à une latitude aussi élevée et dans cette direction. Le récit qu'il a publié de cette entreprise pleine de périls et de difficultés matérielles, récit basé sur son journal de bord, a obtenu en France sous le titre de « Seul à travers l'Atlantique » un très grand succès de librairie et a été traduit en plusieurs langues étrangères : l'édition anglaise, notamment. II est à noter que cette version a été contée directement en anglais par son auteur qui peut, fait rare, écrire indifféremment dans les deux langues. L'intrépidité, l'endurance du narrateur, se font jour à travers ce récit comme aussi, pour les initiés ; sa connaissance approfondie de l'art de la navigation à voile.

La Société des Études Océaniennes s'honore aujourd'hui, sur l'initiative de son président, de compter Alain Gerbault parmi ses membres correspondants actifs. Il nous a, en effet, promis de donner sous peu à la Revue, des notes sur les migrations des anciens polynésiens, notes prises après comparaison et témoignages recueillis, lors de ses brefs séjours dans les archipels.

Alain Gerbault, à tous ceux qui l'approchent, laisse l'impression d'une personnalité, aussi bien organisée pour l'étude et la méditation qu'elle est trempée pour d'extraordinaires aventures. Il n'est pas pressé, il ne voyage, selon ses propres paroles, ni dans le dessein d'acquérir plus de célébrité, ni dans un but intéressé, mais d'abord, pour son plaisir, parce qu'il aime passionnément la mer, ensuite pour apprendre, pour connaître des hommes et des pays nouveaux. Il pense avoir achevé vers le milieu de 1927 sa circumnavigation du globe terrestre – ou plutôt marin – et il en publiera l'histoire.


Alain Gerbault en pareo sur le pont du Firecrest

En suite de quoi – S'il plaît à Dieu – il reviendra, avec un nouveau yacht (sa maison), vivre, voyager, étudier en cette Océanie française, qu'il préfère, dit-il, à tout autre lieu du monde. Acceptons en l'augure. Nos vœux pour un heureux voyage et pour l'intégral accomplissement de ses projets accompagnent Alain Gerbault.

[Bulletin de la Société des Études Océaniennes, Papeete, 2 avril 1926]

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