Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - L’exposition coloniale -

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L’exposition coloniale (voir doc)

En 1931 se tient à Paris la deuxième exposition coloniale. Elle avait pour but de justifier la politique coloniale de la France, d’en illustrer « l’œuvre civilisatrice » (voir doc). Trente millions de visiteurs peuvent admirer une reconstitution du temple d’Angkor. Plus modestement Tahiti avait construit une case par la presse métropolitaine baptisé « Case de Rarahu ».

« Admirateurs de Pierre Loti, vous pourrez trouver, à Vincennes, une évocation du pays de la douce Rarahu.

En effet, le pavillon des Établissements français de l'Océanie, édifié sur les plans dressés par MM. Billecocq, père et fils, architectes, et qui commence à attirer les regards des curieux, présentera le type d'un fare hau (maison polynésienne indigène) construite sur pilotis, en troncs de cocotiers, avec revêtements en bambous et roseaux, les ouvertures étant garnies de claies et auvents en fibres ligneuses tressées et le toit recouvert de feuilles de pandanus.

Et, pour bien conserver à cette construction son caractère exotique original, le gouverneur de la Colonie a tenu à ce que les matériaux qui la composent proviennent de Tahiti et soient façonnés par la main-d’œuvre indigène.


Inauguration de l'Exposition coloniale, en mai 1931. (Photo. DR)

Le paquebot Antinous a amené en mai 1930 les troncs de cocotiers ; la Ville de Verdun a débarqué en août les claies, stores, roseaux et bambous, en quantité largement suffisante ; en octobre, sont arrivées à Vincennes 6.000 nattes tressées de feuilles de pandanus de 1 m,20 sur 0 m,50. »

Dans le guide officiel cette aimable supercherie trouve son aboutissement logique : le fare hau sur pilotis devient tout simplement La case de Rarahu. « A l'intérieur, pourvus d'une décoration appropriée, les stands des exposants sont disposés dans la partie centrale du pavillon, très favorablement éclairée par une verrière formant le faîte du toit, mais qui est masquée de l'extérieur par les feuillages de pandanus recouvrant la toiture, de manière à ne pas détruire l'effet du caractère de la construction.

Le centre de chacune des deux extrémités latérales, légèrement arrondies, abritera un diorama lumineux, réalisant la vue d'un site pittoresque de la Colonie. Puis, dans les diverses salles et salons aménagés le long des façades intérieures du pavillon et éclairés par les larges vantaux des nombreuses baies qui y sont prodiguées, le visiteur trouve une présentation monographique des principaux produits commerciaux du pays, synthétisée sous forme de leçon de choses pratique, montrant leurs transformations successives depuis leur origine jusqu'à leur utilisation définitive.

Un ancien pharmacien militaire de Tahiti, M. Liot, aujourd'hui planteur, expose ses vanilles et surtout ses jus concentrés d'oranges et d'ananas. Il y a dans cette fabrication quelque chose de très intéressant et qui pourrait bien donner lieu par la suite à un important trafic. La dégustation de ses produits, en particulier, de ses orangeades, est du reste possible.

Nous avons réservé jusqu'ici, afin d'en faire l'objet d'une mention toute spéciale, la très belle exposition de la « Compagnie Française, des Phosphates de l'Océanie». Elle comprend tout d'abord un remarquable diorama du port d'embarquement du phosphate, dans l'île de Makatea, avec ses moyens de manutention mécaniques et ses installations diverses. Cette société expose d'autre part un volumineux bloc de phosphate aggloméré, puis un grand vase en verre rempli de phosphate sableux, forme sous laquelle il est le plus généralement trouvé et exploité, enfin un bloc coraligène, échantillon de la formation de l'île.

Le pourtour de son diorama est en outre garni de photographies sur verre représentant les installations de la compagnie, ses moyens de transport, les exploitations, les maisons des travailleurs, les écoles, les garderies d'enfants. Pour compléter cette exposition en tous points intéressante, quelques jolies aquarelles nous font goûter la vue des sites les plus pittoresques de Makatea. »

[Le Monde colonial illustré, janvier 1931]

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