Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - L'expansion coloniale dans le Pacifique -

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1843-1880 Le Protectorat

Le contexte historique Océanien
L’expansion coloniale dans le Pacifique

L’expansion coloniale de la France et de la Grande-Bretagne en Polynésie à partir de 1840 entraîna une tension dangereuse entre les deux pays, mais sans véritable risque de guerre, tant que les consuls et les officiers de marine obéissaient aux instructions.

Or les lignes de communications étaient longues : les dépêches mettaient des mois à parvenir et les circonstances locales évoluaient très vite à Honolulu ou à Papeete, chaque fois que les responsables y agissaient selon leur propre gouverne.

Ce sont de telles initiatives locales qui aboutirent à l’occupation provisoire et à la protection de Tahiti en 1842, suivies de son annexion non ratifiée et de l’expulsion d’un consul britannique.


Vue générale de Honolulu vers 1880

De même à Hawaii, un officier de la Marine britannique proclama un protectorat provisoire en 1843.

Quant à l’extension non ratifiée de l’autorité française aux îles de Sous-le-Vent, elle fit partie jusqu’en 1847 de la liste des interminables négociations franco-anglaises menées en préliminaire de la reconnaissance officielle des acquisitions coloniales.

Avant la fin de la Monarchie de Juillet, la France jouissait des fondations d’une nouvelle possession en Polynésie orientale et d’un réseau étendu de missions religieuses, agissant comme tête de ponts culturelles et diplomatiques dans le Pacifique central.

Le partage international, entamé par l’Espagne et la Grande-Bretagne, mettait encore un demi-siècle à s’accomplir, selon des méthodes fort semblables à celles élaborées vers les années 1830 dans le processus d’acquisition des postes commerciaux et consulaires et de conclusion de traités navals.

On ne doit cependant pas oublier que les populations du Pacifique n’étaient pas des spectateurs passifs dans cette opération de partage.

En Nouvelle-Zélande, à Hawaii et à Tahiti, la venue des colons européens provoqua sur place des alliances et des conflits d’autorité.

Des dirigeants reconnus étaient les associées indispensables des sociétés missionnaires, des marchands en quête de terre et de conditions portuaires favorables, des consuls et des officiers de marine soucieux de se conformer aux règles protocolaires de la diplomatie internationale.

Dans cette mesure, donc, le cours du partage dépendait de celui de la politique locale, comme des ambitions et des motivations des agents européens et de la politique des grandes puissances dans le cadre élargi de leurs relations internationales.

[ C Newbury. Encyclopédie de la Polynésie, chapitre 1, volume 7 ]

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