Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le coton d’Atimaono -

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1843-1880 Le Protectorat

Le contexte économique
Le coton d’Aimaono

Le 10 mars 1862, le ministre J.N. Chasseloup-Laubat reçoit d’intéressantes propositions d’un négociant portugais, nommé Auguste Soarès, qui vient de constituer une société au capital de 875 000 francs pour la création de plantations en Polynésie. Les missionnaires avaient prouvé que le coton, tout comme le café, poussait fort bien dans les îles. La guerre civile qui ravageait les Etats-Unis d’Amérique ayant provoqué une flambée des cours, permettait d’écouler une éventuelle production océanienne, en dépit du coût du fret.

Le beau-frère de A.Soarès, William Stewart, reçoit donc mission d'acquérir des terres à Tahiti ainsi qu'aux Marquises, pour le compte de la Tahiti Cotton and Coffee Plantation Company. W.Stewart, avec l'accord de Paris, disposera de toute l'aide d'une administration locale dont la politique va dans les sens de ce projet. Les gouverneurs La Roncière et surtout Émile de La Roncière lui apportent un appui évident.

W.Stewart peut ainsi réunir 1 450 hectares à Atimaono, auxquels s'ajoute un bail sur une terre de chefferie de 150 hectares, concédé pour 50 ans. En fait le domaine s'étendant aussi en montagne, l'ensemble totalise quelques 4 000 hectares. Enfin 395 hectares sont mis à la disposition de Stewart à Teahupoo, avec un bail de 80 ans.


Entrée de la plantation d'Atimaono

Les capitaux dont dispose W.Stewart lui permettent de se doter d'un matériel remarquable : usine à égrener, presses hydrauliques, usines à sucre, moulin à vapeur, fonderie et la société possède quatre goélettes. Les bâtiment sortent de terre à vive allure : magasins de cotons, maisons inidividuelles, 14 pour loger les seuls travailleurs océaniens et chinois. Les premiers résultats enrégistrés sont à la hauteur des espérances : en 1865, 500 hectares sont défrichés et ensemencés, 1 050 en 1867, le maximum atteint semble-t-il pour le coton. La première récolte a lieu en mars 1865, et la qualité du coton tahitien, qui ne devait jamais se démentir, fait que le cours du kilo atteint d'emblée 9,5 francs. En 1866, l'exploitation exporte pour 763 000 francs, elle double ce chiffre l'année suivante et parvient à atteindre les 2 millions en 1869. Lorsqu'on sait qu'en 1863, la totalité des exportations de Tahiti s'élève à 1 375 000 francs, on comprend qu' Atimaono est devenu le poumon économique du Protectorat.

Ce succès, gigantesque à l'échelle de Tahiti, dure peu : l'effondrement qui suit est aussi rapide que l'à été la réussite. La chute des cours, due à la reprise de la production américaine, n'explique pas tout, loin s'en faut. La « Grande Plantation »disparaît pour des raisons essentiellement internes. La personnalité de W.Stewart, dépensier, mégalomane, attire la haine des commerçants de Papeete, auxquels il a porté de sérieux coups. Les malversations de son jeune frère lui sont aussi imputées et lui posent de sérieux problèmes de trésorerie. De plus, le départ des premiers Chinois en 1870, et des parasites dans les plantations ont pour conséquence la diminution de la production.
Le 22 août 1874, la plantation est déclarée en faillite, W.Stewart, malade depuis longtemps, meurt un an plus tard

Un échec aussi retentissant aurait dû décourager les autres planteurs. Il n'en est rien et toute l'île est prise d'une fièvre cotonnière.

[P. Y. Toullelan. Encyclopédie de la Polynésie, chapitre 7, volume 7]

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