Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - La vanille -

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1843-1880 Le Protectorat

Le contexte économique
La vanille

C'est également en cette fin du XIXe siècle que la vanille joue un rôle prépondérant dans l'économie polynésienne. Introduite tardivement, on ne commence à percevoir sont intérêt que dans les années 1860. Et encore : en 1863, un peu plus de deux hectares seulement sont consacrés à cette culture. En 1878, avec une exportation annuelle d'une demi-tonne, la vanille demeure une activité secondaire, après la canne à sucre, voire le café.

Une forte demande née sur le marché mondial, entrainant bien sûr une hausse des cours, est la cause de la seconde "fièvre" économique qui secoue les E.F.O. En 1874, on compte 27 hectares de vanille à Tahiti, puis 61 en 1877.
En 1879, sur 13 exploitations modèles, visitées par une commission d'agriculture, 10 se livrent à cette culture, la disparition du coton libérant terres et main-d'œuvre. En 1880 la production atteint à peine une tonne, mais 11 dix ans plus tard. Entre 1889 et 1892, la superficie plantée en vanille rapportent plus que celles de coprah, et à la veille de 1914, plus de 4 millions de francs sont encaissés grâce aux ventes de ce produit.


Carte postale représentant une plantation de vanille

Cette progression est le fruit du travail des Polynésiens, car les Européens se détachent après 1870 de cette culture, qui demande une main-d'œuvre importante, et surtout vers la cocoteraie. En revanche, les vanillières, dans la mesure où elles assurent un revenu intéressant, attirent les Polynésiens, d'autant qu'elles n'exigent que peu de travail physique, et ne nécessitent que des superficies restreintes.

Les opérations de préparation de la vanille passent elles aussi en de nouvelles mains. Le producteur polynésien préférant vendre sa vanille verte, les commerçants chinois la font sécher et la revendent aux grossistes de Papeete. Mais cueillie trop verte par des Polynésiens désireux de payer au plus vite leurs dettes, préparée hâtivement par des commerçants trop pressés, la vanille se déprécie à vive allure. De plus, la production des gousses épuise les plants. En 1916, seulement 10% des vanillières des îles du Vent sont encore en bon état. Une fois de plus, la spéculation qui avait fait naître une production la menaçait, car, pas plus que le coton, la vanille n'avait su générer d'authentiques planteurs.

[P. Y. Toullelan. Encyclopédie de la Polynésie, chapitre 7, volume 7]

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