Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le déclin du Protectorat -

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1843-1880 Le Protectorat

Le déclin du Protectorat


Famille royale vers 1860

Après avoir étendu la loi française aux Tahitiens et modifié le système judiciaire en nommant un magistrat impérial en 1868, le gouverneur de la Roncière projetait d'élargir l'autorité exécutive de Pomare au moyen d'un conseil consultatif, doté de fonds propres et ayant juridiction sur les colons. De nouveaux impôts destinés à financer ces réformes devaient être tirés de la communauté commerçante. Une opposition de la part des propres fonctionnaires de l'administration coloniale eut pour effet l'arrestation, en 1869, du principal magistrat, Joseph Langomazino et de l'ordonnateur Boyer, puis le rappel de La Roncière. A la suite de la mort de la reine Pomare en 1877 et de l'avènement de Ariiaue sous le nom de Pomare V, personnage plutôt faible, les successeurs de La Roncière prirent le contre-pied de son projet quelque peu excentrique de "royaume tahitien". Ils suivaient en cela l'avis des inspecteurs des colonies qui critiquaient l'existence de deux budgets séparés et d'un système autonome de tribunaux chargés des affaires de terres tahitiennes. Les colons, pour leur part, réclamaient une meilleur représentation en échange de leur plus grande contribution au budget, grâce à une réforme du Conseil administratif du gouverneur. Eux aussi d'ailleurs, et pour leurs propres raisons, voulaient que soit supprimées la juridiction des terres. En 1878, le commandant Planche redonna vie à une commission constitutionnelle, recommanda que le Service des Affaires indigènes passe entièrement sous la direction du haut fonctionnaire et que le Conseil administratif comporte des membres élus. Mais il ne proposa pas de transformer le statut de protectorat en statut colonial. Peu à peu, donc, le statut théorique d'une administration tahitienne, côtoyant une administration coloniale limitée, se réduisit à la subordination à l'autorité française. Pratiquement, Tahiti était sur-administrée, et sous-financée d'une façon qui aurait pu encourager Tahitiens et colons à faire fonctionner leurs propres conseils locaux de gouvernement dans les districts et à Papeete. Mais il aurait été difficile de concéder une autonomie pour les affaires internes à un protectorat qui constituait une anomalie dans la règle coloniale française du XIXe siècle. Faute de réelle délégation de pouvoirs financiers aux institutions locales, le protectorat allait probablement dépérir, maintenant que des évènements survenus dans certaines îles voisisnes menaçaient la sécurité de la position française à Tahiti à l'approche de 1880 et que la personnalité de Pomare avait quitté la scène.
Tout au long de ce protectorat, bien qu'elle eût très peu de pouvoir effectif, Pomare Vahine IV était encore, à travers sa cour personnelle, source de protection et de prestige considérable.

[ C Newbury. Encyclopédie de la Polynésie, chapitre 1, volume 7 ]

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