Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - La drôle de guerre -

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Contexte historique Local

La drôle de guerre

Et puis, raison de plus pour ne pas se sentir vraiment concerné, Paris ne souhaite pas qu'un corps expéditionnaire composé de Tahitiens vienne se battre en Europe. Il ne faut pas que la colonie se vide de ses forces vives, les cadres et les jeunes hommes doivent rester sur place. Tel est l'ordre du gouvernement français alors que la guerre se déroule loin du territoire national.

D'autre part l'absence d'information (aucun journal ne paraît dans l'île, aucune émission radio en provenance de métropole ne touche les E.F.O.) dédramatise la situation européenne pour les habitants de Tahiti, et « la drôle de guerre » apparaît vite comme une préoccupation secondaire.

La guerre est loin, très loin, Tahiti est encore épargnée par le conflit, pourvu que cela dure ! Et on danse et on chante avec encore plus de passion que d'habitude : cela ne durera peut-être pas. Il faut oublier la guerre, cette guerre dont on suit avec peine les rebondissements, et qu'un refrain chanté tous les soirs au Lafayette et au Col Bleu résume ainsi :
« Tinito uapau Tapone. Aita ite pupuhi.
Les Chinois se battent avec les Japonais. Mais ils n'ont pas de fusils.
La France et l'Allemagne
Court-circuit, court-circuit,
Y a pas moyen rigoler... »


La guerre est loin et la bonne société de Tahiti continue à s'amuser au Col Bleu et au Lafayette

Il n'y a pas non plus, à Tahiti, de raison de s'alarmer particulièrement et de redouter des attaques de l'ennemi. Cela vaut mieux car, malgré les efforts du capitaine Broche, la colonie se trouve toujours démunie, et l'on peut parler, à Tahiti plus qu'ailleurs, non seulement de drôle de guerre mais encore de drôles de moyens de défense : il y a, à la caserne de l'avenue Bruat, 42 fusils, 152 mousquetons, 20 pistolets de 7,65, un revolver de 8 mm, 4 fusils mitrailleurs, 4 mitrailleuses, 6 tromblons ; 46 000 cartouches pour fusils et mitrailleuses, 9 000 pour fusils mitrailleurs, 62 pour pistolets, plus 280 grenades offensives. Quant aux moyens de transport on peut compter sur un cheval et une bicyclette, ce qui n'est pas mal pour près de 5 000 hommes mobilisables !

[J.M. Dallet, Ch. Gleizal. Mémorial polynésien, t. 6]

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