Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - L’Armistice -

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Contexte historique Local

L’Armistice

Pendant ce temps-là, en Europe, la situation s'aggrave. En mai 1940 l'Allemagne attaque la France. Tout se passe très vite, les blindés d'Hitler font éclater les défenses alliées, Paris est déclaré ville ouverte, le gouvernement français se replie sur Bordeaux. L'ennemi a franchi la Seine, le voilà qui traverse la Loire, la France est en train de s'effondrer. Que va-t-il se passer ?

Un matin, alors que Tahiti n'a pas été informée des bombardements destructeurs des Stukas, de l'exode désespéré des Français, de la défaite belge, de la catastrophe de Dunkerque, de l'apparition des Italiens aux côtés des soldats allemands, un matin, dans Papeete qui somnole au soleil, une nouvelle étonnante éclate : l'armistice est signé !

On ne comprend pas. En Océanie on comprend d'autant moins ce qui se passe que les émissions transmises par la radio de Suva sont contradictoires et que l'Indochine est quasiment inaudible. Tahiti ne reçoit pas l'appel du général de Gaulle le 18 juin 1940, et à partir de la fin de ce mois, la situation dans les E.F.O. devient de plus en plus embrouillée, chacun croyant détenir une vérité que rien de très grave, dans la colonie, ne vient confirmer ou infirmer.


En France l'attaque des blindés allemands a précipité les Français sur les routes de l'exode.

Dans un premier temps le gouverneur Chastenet de Géry « envisage » de continuer la lutte aux côtés des alliés. Il préside même, le 15 juin, un Comité pour une souscription publique en faveur de la défense nationale, dont les membres sont le capitaine de corvette Grange, nouveau commandant de la marine, Georges Bambridge, à la fois maire et président des Délégations économiques et financières, Emile Martin, Léonce Brault, Mauzun, Brunet et Mille. Le 24 juin 1940 le gouverneur déclare :

« Chacun doit être pénétré du sentiment que nous ne sommes décidés ni à renoncer, ni à abdiquer. L'Océanie, qui s'était donnée à la France, voulait rester terre française. Je sais répondre au sentiment intime de la population en affirmant que nous sommes tous prêts aux sacrifices nécessaires pour sauvegarder notre liberté et que nous nous rattachons à nos alliés, d'accord avec toutes les autres parties de l'Empire français, pour envisager la continuation de la lutte ».

On reprochera beaucoup à Chastenet de Géry de n'avoir fait qu'« envisager ». Il fallait soit se montrer plus ferme et affirmer franchement sa volonté de combattre, soit faire acte d'obédience au gouvernement du Maréchal Pétain.

Prendre une décision définitive, à 18 000 kms d'une France qui ne donnait plus signe de vie, n'était pas pourtant chose facile. Fallait-il suivre Radio Saigon qui parlait de rénovation nationale du Maréchal Pétain ? fallait-il suivre le Général Gaulle qui préconisait la lutte à tout prix ? A ce sujet les passions ne se sont pas encore apaisées, ni en France, ni à Tahiti.

[J.M. Dallet, Ch. Gleizal. Mémorial polynésien, t. 6]

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