Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le coût des nouvelles institutions -

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Le coût des nouvelles institutions

Les conseillers ont débattu longuement pour définir les indemnités des ministres, la composition des cabinets et les salaires de leurs membres. Ainsi le vice-président reçoit une solde calquée sur l'indice 599, mais ne la perçoit pas en réalité puisqu'il est aussi député. Il a droit au "remboursement de ses frais de réception, de loyer et de domesticité" fixés à 16 000 F par mois (séance du 17 juin 1958). Un véhicule de fonction et son chauffeur doivent être "en permanence à sa disposition" (1). Chaque ministre a la faculté de se servir des véhicules administratifs.
Le 14 janvier 1958, les conseillers débattent des rémunérations des personnels de l’assemblée et des cabinets ministériels selon le document ci-dessous (voir doc).

Le 7 février suivant, l’assemblée revient sur ce qu’elle avait décidé et révise les chiffres à la hausse.
Le directeur de cabinet de la vice-présidence touchera 35 000 F au lieu de 29 000. Les chefs de cabinet des ministères recevront 30 000 F mensuellement et non 25 000. Le chauffeur et les plantons passent de 5 000 F à 6 000. Les autres postes gardent leurs rémunérations.
Le secrétaire général de l’assemblée, en raison du surcroît de travail procuré par ces nouvelles institutions reçoit une indemnité mensuelle de 6 000F.
Aussi bien à Tahiti qu'en Nouvelle-Calédonie, les opposants ont dénoncé les "dépenses somptuaires et inutiles que provoquent les institutions nouvelles nées de la loi-cadre". À Tahiti, ce sentiment est d'autant plus fort qu'objectivement le résultat serait médiocre, sinon catastrophique à en croire les membres de l’UTD. Frantz Vanizette s’en prend à « l’inefficacité des cabinets des ministres actuels qui ne font que ralentir l’examen des dossiers ». Il fustige une « armature » gouvernementale digne d’un pays de plusieurs millions d’habitants. Il demande donc la révision des salaires et la diminution du personnel.
Sur ces critiques s’en greffent d’autres. Les ministres RDPT songeraient ainsi à "placer leur nombreuse famille et leurs nombreux amis à des postes bien payés" (2).
En voulant appliquer son programme d’océanisation des cadres, Pouvanaa remplacerait des métropolitains par des Tahitiens qui n’auraient pas la formation nécessaire. "Le ministre se croit obligé, lit-on dans Les Débats, de procéder à l'embauche de tout le personnel et il le fait d'autant plus volontiers qu'il est harcelé de demandes émanant d'amis politiques". Le même journal dresse un bilan :
- Augmentation considérable des frais de gestion par la mise en place des cabinets ministériels, secrétaires particulières, plantons et chauffeurs divers - Emploi de crédits importants à rémunérer ces personnels parasitaires au lieu d'être affectés au bien-être des collectivités et du Territoire. Nous mentionnerons pour mémoire le scandale des services réciproques : certain ministre détournant du matériel pour le mettre à la disposition de collègues et désorganisant ainsi des chantiers.

Même P. Dilhan reconnaît : "et l'un eut une patente que l'on refusait à l'autre..." Le gouvernement de Pouvanaa aurait-il usé et abusé de pratiques qu’il condamnait avant d’être au pouvoir ?
On sait cependant que pour les opposants, les gouvernants favorisent toujours trop leurs amis et coûtent toujours trop cher.


Manifestation contre l'impôt sur le revenu (avril 1958)

(1) PV de la commission permanente, séance du 28 février 1958.
(2) Les Débats, n° 65, 4 au 9 mai 1959.

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