Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le contexte international -

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Le contexte international

La fin de la guerre froide n’a pas amené la paix pout autant. La menace nucléaire, certes atténuée, reste présente. Par exemple, le CTBT (Comprehensive Test Ban Treaty) ou TICE (traité d’interdiction complète des essais nucléaires) a été signé en septembre 1996, mais Israël, l’Inde, le Pakistan, la Libye et le Bouthan ont voté contre et le Sénat américain ne l’a pas ratifié (octobre 1999).
La « Guerre des étoiles » ou IDS (Initiative de défense stratégique) proposée par le président Reagan en 1983, n’a pas été mise en œuvre. Mais, le 22 juillet 1999, une loi américaine prévoit la mise en place d’un tel système de défense du territoire des États-Unis, avec cette différence par rapport au projet Reagan que le système de défense n’est pas déployé dans l’espace, mais au sol.
Les attentats du 11 septembre 2001 conduisent les États-Unis à accélérer les recherches en la matière. Le président Bush envisage de compléter le système par des dispositifs en mer et dans les airs.
Des missiles sont lancés soit de la côte ouest des États-Unis, soit depuis un navire de guerre.
C’est aux îles Marshall (atoll de Kwajalein) ou à Hawaii que se trouvent les bases de lancement d’un intercepteur de missiles guidé par satellite. Le projet ne pourrait être opérationnel que vers 2020 et coûterait près de 100 milliards de dollars.

Il y a des pays qui souhaitent toujours posséder une arme nucléaire dans la perspective de conflits régionaux. De plus, les États-Unis n’excluent pas d’utiliser l’arme nucléaire contre des pays ne la possédant pas mais disposant d’armes chimiques et biologiques (« armes de destruction massive »). Sans aller jusque-là, pour lutter contre le terrorisme et ces fameuses armes de destruction massive, les États-Unis sont intervenus en Afghanistan et en Irak avec l’appui de leurs alliés ou du moins certains d’entre eux.
La période a été en effet marquée par le développement du terrorisme, dont les attentats du 11 septembre 2001 ne sont qu’une facette, certes spectaculaire et traumatisante.
La question d’un « islamisme » qui menacerait le monde occidental a été posée par les diverses utilisations du livre de Samuel Huntington, Le choc des civilisations, paru en français chez Odile Jacob en 1997. Selon cet auteur, les conflits de la fin du XXème siècle et ceux du XXIème ne sont plus idéologiques mais culturels. Après le 11 septembre, le thème, simplifié et/ou amplifié, a servi de grille de lecture à de nombreux analystes ou responsables politiques. La thèse a été contrecarrée par ceux qui pensent le concept de civilisation a été abusivement utilisé et mal défini au départ, qu’il ne suffit pas en tout cas à rendre compte des conflits en cours ou en germe (1). Néanmoins, il faut retenir que le contexte mondial est marqué par cette peur d’un affrontement, par exemple entre les pays où l’Islam joue un rôle important et notamment ceux qui ont été imprégné par le christianisme. Il est vrai aussi que le développement des courants qu’on peut qualifier « d’intégristes » dans les diverses religions est un élément marquant au tournant des deux millénaires.

Avec ces diverses considérations, une évidence s’impose : les budgets militaires pèsent de plus en plus sur les finances des États aussi bien en Amérique que dans des pays comme la France (voir sa loi de programmation militaire 2003-2008). Les conflits et les dépenses militaires pour les affronter ou les éviter seraient-elles un frein au développement économique ?
Certains pays développés ne se sortent pas trop mal des difficultés en 2003. La reprise a été vigoureuse aux États-Unis. Elle l’est moins en Europe. La Chine et l’Asie du Sud-Est ont poursuivi une croissance forte, ce qui a aussi profité au Japon.
Les devises ont connu des fluctuations curieuses. Dans les pays qui surmontent la crise (États-Unis ou Chine) les monnaies s’affaiblissent, alors que ceux qui ont un dynamisme moins apparent ont des monnaies fortes (l’euro et le yen par exemple).
Les spécialistes ont discuté sans se mettre d’accord sur le fait de savoir si les écarts de richesse entre les pays se sont accrus ou non. Par contre, il semble évident qu’à l’intérieur des États, les écarts de revenus se sont approfondis. Des minorités auraient accaparé les fruits de la croissance. Or, les économistes pensent en général qu’à un certain stade « trop d’inégalités seraient un handicap à la croissance » (2).
Ce constat – nous le verrons – se vérifie aussi et pose problème en Polynésie française.

La faim dans le monde reste un problème récurrent. Une personne sur sept dans le monde souffrirait de malnutrition. Le SIDA continue sa progression, l’Afrique subsaharienne restant la zone la plus touchée. Plus de trois millions de personnes seraient décédées du SIDA dans le monde en 2003. Des phénomènes météorologiques de grande ampleur se développent (cyclones et tempêtes, sécheresses, inondations, canicules…) et les spécialistes s’interrogent sur la responsabilité des activités humaines dans cette évolution. Pour tenter de limiter les conséquences de ces dernières, le protocole de Kyōto (un traité international visant à la réduction des gaz à effet de serre) a été signé le 11 décembre 1997 à Kyōto (Japon). Il devait entrer en vigueur en 2005. La ratification du traité ne s’est pas faite comme espéré puisque les États-Unis ont refusé de le faire.

Ainsi, le monde doit faire face à de redoutables problèmes qui se propagent partout. Cette mondialisation épargne peu de régions, même celles qui se croient à l’abri…

(1) Voir par exemple : Marc Crépon, L’imposture du choc des civilisations, éditions Pleins feux, 2000.
(2) Le bilan du Monde, édition 2004.

[J.M.Regnault]

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