Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Le contexte national -

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Le contexte national

J. Chirac et le gouvernement d’Alain Juppé rencontrent vite une vive opposition, en particulier sur le traitement du dossier des retraites. Le chômage devient la préoccupation principale des Français. Le rapport du Commissariat du Plan (Chômage : le cas français, La Documentation française, 1997) étudie le phénomène de ce chômage de masse qui touche trois millions de personnes et qui fait que de nombreux ménages (25 % au moins) ont eu à connaître le problème. De plus, des travailleurs n’ont pas un emploi à temps complet (involontairement). D’autres ont été contraints de partir à la retraite de façon anticipée. C’est toute la société qui est touchée par une sorte de peur de la précarité. Pour reprendre un titre connu, « l’ascenseur social est en panne ». Ni les études, ni l’excellence du travail ne fournissent de garantie ni de promotion, ni même ne procurent l’assurance de garder un emploi.

Le phénomène de « l’exclusion » s’aggrave et s’étend, conséquence bien sûr du chômage, aggravée par d’autres causes (problèmes familiaux, drogue, alcoolisme, maladies…).

Cette peur qui gagne même inconsciemment les Français rend le problème de l’immigration plus préoccupant et engendre à son tour de nouvelles peurs. Dès 1996, se développe l’arrivée des « sans-papiers ».

L’insécurité régnant dans les « banlieues » est, elle également, un facteur aggravant.

Dans cette France qui change de visage, la montée des partis politiques prônant le renfermement sur le passé ou des valeurs anciennes devient possible et cela bouleverse les données politiques. Les partis traditionnels sont souvent incapables de prendre en compte les nouvelles préoccupations des Français ou de leur expliquer les phénomènes.

Dans ce contexte, des surprises sont toujours possibles.

En 1997, J. Chirac croit habile d’avancer d’un an la date des élections législatives. La victoire de la gauche – pourtant sévèrement battue en 1993 et 1995 – amène une nouvelle cohabitation entre le président de la République et le Premier ministre, Lionel Jospin.

Le Gouvernement de gauche rencontre des succès et des échecs.

Une forte croissance permet un repli du chômage (900 000 chômeurs en moins) ainsi que la stabilisation et parfois la réduction des déficits budgétaires. Des mesures sociales ont marqué la période 1997-2002 : les emplois-jeunes, les 35 heures, la couverture maladie universelle, la prime pour l’emploi et la loi de modernisation sociale. Les personnes âgées bénéficièrent de l’allocation personnalisée d’autonomie. Cependant, le problème des retraites a été laissé de côté (difficulté pour les successeurs) et le pouvoir d’achat n’a pas été pris en compte avec suffisamment d’attention. La politique fiscale a donné le sentiment que la gauche favorisait les catégories sociales disposant déjà de revenus importants. L’absence d’une réforme de la fiscalité des collectivités territoriales a produit la même impression.

Sur le plan économique, le Gouvernement a continué les privatisations et/ou l’ouverture de capital des entreprises publiques.

Quelques réformes de société ont marqué la période comme la création du PACS (2000) et la création d’une agence de sécurité sanitaire.

Des réformes institutionnelles ont été initialisées mais sont restées incomplètes comme celle portant sur le Sénat que le Premier qualifiait « d’anomalie démocratique » (le mandat des sénateurs est ramené à six ans) ou sur le quinquennat.

La politique à l’égard de l’Outre-Mer a rencontré des réussites comme l’Accord de Nouméa en 1998 qui prolonge les accords de Matignon de 1988. La Nouvelle-Calédonie redevient une terre de concorde, non sans problème certes, mais elle permet aussi à la France de redresser son image dans la région.

Le Gouvernement eut moins de chance avec la Polynésie (voir le sujet consacré au statut avorté de 1999-2000) (1).

Ce qui handicapa le Gouvernement, ce furent les polémiques liées à la rigidité de la loi sur les 35 heures, aux agitations dans les banlieues, à l’immigration et certainement les divisions de la gauche qui partit en ordre dispersé à l’élection présidentielle de 1995.

L’élimination au premier tour de Lionel Jospin dont la cote de popularité était pourtant bonne fut un traumatisme pour toute la classe politique et de nombreux électeurs. Le 21 avril 2002 devait marquer les consciences et des conclusions auraient dû en être tiré, ce qui ne fut que partiellement le cas.

Très facilement réélu, le président Chirac nomma Jean-Pierre Raffarin à Matignon. Il refusa de s’associer aux Américains lors de l’attaque de l’Irak. Malgré le conflit, la France échappa à la récession en 2003 et les perspectives de croissance pour 2004 paraissaient encourageantes. Mais le chômage était reparti à la hausse depuis 2002. En juillet 2003, le Gouvernement faisait approuver par le Parlement la réforme sur les retraites qui avait tant tardé. Par contre, la Sécurité sociale connaissait des déficits jamais vus.

L’intégration dans l’Europe – qui, elle-même est rejointe en 2004 par dix nouveaux pays - se poursuit tout au long de la période 1996-2004. La nouvelle devise, l’euro, a été introduite le 1er janvier 1999. Les billets et les pièces des anciennes monnaies ont continué à être utilisés dans leurs pays respectifs, jusqu’à l’introduction des nouveaux billets et pièces le 1er janvier 2002.

(1) Lionel Jospin a écrit :
En Polynésie, l’évolution a été inattendue. Le président de la République, J. Chirac, si peu ouvert au changement en Nouvelle-Calédonie et ailleurs Outre-Mer, a accordé au très contesté président du Territoire, pour de strictes raisons de connivence politique et personnelle, des changements statutaires qui l’auraient fait crier à la « sécession » si nous les avions envisagées pour d’autres régions. Au reste, les Polynésiens auraient de beaucoup préféré être protégés du pouvoir local par les lois de la République trop souvent bafouées dans ce Territoire lointain ». (Le monde comme je le vois, Gallimard, 2005, p. 257)

[J.M.Regnault]

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