Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les élections territoriales du 12 mai 1996 -

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Les élus

Les élections territoriales du 12 mai 1996

La campagne électorale fut encore marquée par l’affrontement entre autonomistes et indépendantistes, mais avec la traditionnelle division des autonomistes.
Dans une brochure de 40 pages, le Tahoera’a présente son bilan et ses projets. G. Flosse explique comment il a réussi à « sortir le pays de l’ornière » :
« Ce ne fut pas facile : les égoïsmes catégoriels, l’inconstance des alliances politiques, des conflits ourdis, attisés, entretenus par les fauteurs de troubles, les brutales colères de la nature (Wasa a coûté cher), la frusque suspension des essais nucléaires et ses dures conséquences économiques, les ambiguïtés et les complots de l’État socialiste, les tentatives de déstabilisation et le sabotage économique, les barrages, l’émeute, rien ne nous a été épargné. »

Malgré ces difficultés, le président sortant estime qu’aujourd’hui, « la Polynésie est plus forte été plus sereine qu’il y a cinq ans ». Il s’appuie sur le Pacte de progrès qui permet « d’aborder en bon ordre l’après-CEP ». Il ne manque de faire référence à Jacques Chirac, « l’ami de toujours ».

Le Tavini appuie sa campagne sur la reprise des essais nucléaires qui a choqué bien au-delà des cercles habituellement favorables aux indépendantistes. La crainte d’une « invasion » des Européens est également un thème porteur pour le parti. Le refus de reconnaître le reo maohi comme langue officielle heurte bon nombre de Polynésiens qui croyaient cet élément acquis depuis 1980. Ainsi, l’autonomie peut apparaître comme un écran de fumée. O. Temaru adopte une position plus modérée sur l’indépendance qui n’est plus un préalable à toute discussion. Le parti dispose d’autres atouts. La démographie joue plutôt en sa faveur. Les jeunes et nouveaux électeurs appartenant aux milieux défavorisés le rejoignent. La déliquescence des anciens partis comme le Here Ai’a, voire le Ai’a Api, profite au Tavini. En fait de nombreux éléments deviennent favorables. O. Temaru fait de moins en peur aux électeurs. Il profite d’une certaine façon du discours de G. Flosse qui ne cesse d’expliquer que pour développer le pays, il faut disposer des leviers de commande. Il suffit à O. Temaru d’aller un peu plus loin en proclamant « qu’aucun développement n’est possible sans souveraineté ».

La grande surprise de cette élection fut la progression du Tavini qui passa de 11 % des voix à 24,25 et de 4 sièges à 11. Cela fit dire au président du parti que le mot indépendance était désormais inscrit dans l’histoire du pays.
Le Tahoera’a, de son côté obtenait 22 sièges sur 41.C’était la première fois depuis 1957 qu’un parti obtenait à lui seul une majorité à l’assemblée. Le système électoral et la division de ses concurrents lui avaient bien profité, puisqu’il ne recueillait qu’environ 38 % des suffrages.

Etiquette politique Circonscription
Justin Arapari Tahoera’a Huiraatira IDV
Eugène Bessert Tahoera’a Huiraatira IDV
Tamara Bopp Du Pont Tavini Huiraatira IDV
Michel Buillard Tahoera’a Huiraatira IDV
Jacqui Drollet Tavini Huiraatira IDV
Tinomana (dit Milou) Ebb Te Avei’a Mau IDV
Henri Flohr Ai’a Api IDV
Gaston Flosse Tahoera’a Huiraatira IDV
Edouard Fritch Tahoera’a Huiraatira IDV
Jacquie Graffe Ai’a Api IDV
Patrick Howell Tahoera’a Huiraatira IDV
Patrick Leboucher Tavini Huiraatira IDV
Alexandre Léontieff Tavini Huiraatira IDV
Boris Léontieff Fetia api IDV
Georges Puchon Tahoera’a Huiraatira IDV
James Salmon Tavini Huiraatira IDV
Nicolas Sanquer Tahoera’a Huiraatira IDV
Lucette Taero Tahoera’a Huiraatira IDV
Robert Tanseau Ai’a Api IDV
Hiro Tefaarere Tavini Huiraatira IDV
Oscar Temaru Tavini Huiraatira IDV
Émile Vernaudon Ai’a Api IDV
Benjamin Ebb Tahoera’a Huiraatira ISLV
Georges (dit Kate) Hart Tahoera’a Huiraatira ISLV
Hon Sha Lao Mao Tahoera’a Huiraatira ISLV
John Monpas Ai’a Api No Raromatai ISLV
Monil Tetuanui Tavini Huiraatira ISLV
Gaston Tong Sang Tahoera’a Huiraatira ISLV
Charles Toti Tavini Huiraatira ISLV
Ismaël Tuhau Tahoera’a Huiraatira ISLV
Temaurii Foster Tahoera’a Huiraatira TG
Teina Maraeura Tahoera’a Huiraatira TG
André Roihau Tahoera’a Huiraatira TG
Désiré Tokoragi Tavini Huiraatira TG
Frédéric Riveta Tahoera’a Huiraatira Aust
Taratiera Tepa Tamarii Tuhaa Pae Aust
Wilfred Viriamu Tahoera’a Huiraatira Aust
Jean Alain Frébault Tahoera’a Huiraatira Mq
Lucien Kimitete Te Henua Enata Kotoa Mq
René Kohumoetini Tahoera’a Huiraatira Mq
Conseillers élus le 12 mai 1996

Le 30 mai, en raison des nominations au gouvernement, plusieurs nouveaux conseillers font leur entrée à l’assemblée, certains retrouvant un siège occupé leur de précédentes mandatures : Haamoetini Lagarde, Hilda Chalmont, Huguette Hong Kiou, Lucie Lucas, John Ienfa, Jean-Jacques Lequerré, Thomas Moutane, Lucas Paeamara.

Ainsi, aux deux conseillères élues le 13 mai - mais Lucette Taero devient ministre - s’ajoutent quatre autres femmes. Il y a donc désormais cinq conseillères.
Le président de l’assemblée peut alors se réjouir de « porter un coup sérieux à la réputation de macho que certains se complaisaient à donner de l’assemblée ».
Divers changements dans la composition de l’APF ont lieu en fonction des remaniements ministériels.

De plus, les élections aux ISLV et aux Marquises furent annulées et une nouvelle élection intervint en mai 1998. Deux nouveaux élus firent leur entrée à l’APF : Yvette Oopa pour le Tavini et Paul Ropiteau pour le Tahoera’a (les autres élus de 1996 retrouvèrent leur siège, sauf Charles Toti et John Monpas).

[J.M. Regnault]

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