Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - La mandature 1996-2001 -

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La mandature 1996-2001

Le 28 mai 1996 a lieu l’élection du président de la Polynésie française qui inaugure ainsi le nouveau titre. Douze candidats se sont déclarés dont les onze élus indépendantistes qui voulaient ainsi marquer leur succès relatif aux élections et marteler leur vision des choses dans les deux langues. Nous retiendrons les principaux extraits de quelques déclarations.
Alexandre Léontieff stigmatise la loi électorale qui donne la majorité en sièges au Tahoera’a alors qu’il est minoritaire en voix. Il note les progrès sensibles du Tavini car l’indépendance ne fait plus peur parce que le Tavini ne veut pas d’une « indépendance aventure ». L’indépendance est inéluctable. « Je pensais à tort que nous serions jamais prêt pour l’indépendance, avoue-t-il, et que celle-ci nous conduirait irrémédiablement vers le chaos et la misère ». Il cherche à démontrer qu’en fait, G. Flosse est « un indépendantiste caché ». Il lance aussi quelques idées qui vont devenir les lignes directrices du discours indépendantistes. L’autonomie a été une préparation à l’indépendance de notre pays. Elle n’est pas la panacée à nos problèmes de développement et elle ne défend pas les Polynésiens dans leurs intérêts fondamentaux. On peut même parler d’échec de l’autonomie.
Il dénonce les effets négatifs et pervers du CEP et le recul de ce statut qui ne défend plus les intérêts fondamentaux : la langue, l’emploi, les ressources de la mer, les ventes de terres et les conventions internationales.
Le Conseil constitutionnel, estime-t-il, a rappelé que l’État et lui seul détenait la souveraineté sur la ZEE et le domaine public maritime du Territoire (les 12 milles). Il s’en prend à la suprématie du droit européen et à la vente de terres qui est totalement libre.
Le Tavini estime que la France ne doit pas abandonner la Polynésie (avec ses deux poubelles nucléaires) tel un vulgaire citron pressé. La Polynésie a besoin d’un véritable plan Marshall.
Une Polynésie indépendante et souveraine est viable avec tous les leviers de commande.
Alexandre Léontieff développe ensuite un long discours programme.

Pour Patrick Leboucher, si les Polynésiens sont aujourd’hui marginalisés, c’est parce qu’ils n’ont pas accès à l’éducation.

G. Flosse attaque le Tavini d’emblée dans son discours de candidat à sa succession. Puis, il relève ce qu’il appelle les acquis : la pérennité sur dix ans des flux financiers, la PSG et sa composante essentielle le RST. C’est surtout la notion d’autonomie qui retient son attention :
« L’affirmation de notre identité comporte nécessairement une dimension politique. Pour la grande majorité de nos concitoyens, cette dimension est celle de l’autonomie ».

L’autonomie, pour G. Flosse, c’est le témoignage à l’extérieur de notre existence en tant que peuple. Ainsi, aux Jeux du Pacifique, notre drapeau a flotté aux côtés des pavillons des autres pays. Mais l’indépendance serait une erreur politique majeure.
Le président sortant promet que pendant les dix prochaines années son gouvernement consacrera tous ses efforts aux deux problèmes majeurs qui affectent les plus démunis : l’emploi et le logement.
Il lance aussi cet avertissement : « Évitons la mortelle torpeur des sociétés assistées ».

Oscar Temaru a essentiellement parlé en reo maohi mais brièvement.

G. Flosse est élu par 28 voix contre 11 à O. Temaru et 2 bulletins blancs. Les élus du Fetia Api n’ont pas participé au vote.

[J.M.Regnault]

La mandature 1996-2001 0 < Composition du gouvernement présenté par G. Flosse devant l’APF le 30 mai 1996 1 < La mandature 2001-2004 2

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