Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - National. -

Sommaire

Le kiosque

La presse de l'époque

Le kiosque

! Vous êtes ici : Histoire de l'institution | 1946-1953. L’Assemblée représentative | Contexte Historique | National | National.

Contexte historique

2- Le contexte national


Les Colonies deviennent des Territoires d'Outre Mer


Les temps ont changé


De Gaulle avait apprécié le ralliement des ÉFO et d’autres parties de l’empire à la France
libre. Pendant la Guerre, les esprits ont changé à l’égard des colonies. Les Américains ont fait également pression pour que soit mis fin au système colonial. De Gaulle, à Brazzaville, le 30 janvier 1944, a déclaré solennellement : « Dans tous les territoires où des hommes vivent sous notre drapeau, il n’y aurait aucun progrès, si les hommes, sur leur terre natale, […] ne pouvaient s’élever peu à peu jusqu’au niveau où ils seront capables de participer chez eux à la gestion de leurs propres affaires. C’est le devoir de la France de faire en sorte qu’il en soit ainsi. » C’était en quelque sorte envisager l’autonomie.

Pendant la guerre, des rapports, adressés aux dirigeants de Londres, par des Polynésiens, ont réclamé davantage d’autonomie et l'élection d'une assemblée. René Pleven – commissaire aux colonies auprès du Général - a répondu en promettant certaines satisfactions : la citoyenneté, la décentralisation, "une assemblée ayant une assiette populaire plus large que les délégations économiques".

Le préambule de la Constitution de 1946 a marqué une avancée en ce sens : « Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires ; écartant tout système de colonisation fondé sur l’arbitraire, elle garantit à tous l’égal accès aux fonctions publiques et l’exercice individuel ou collectif des droits et libertés proclamés ou confirmés ci-dessus ».

La Constitution de la Quatrième République fait disparaître le mot colonie remplacé par «Territoire d’Outre-Mer ». La Charte de l’ONU (1945) à laquelle la France a souscrit, de son côté, proposait ceci : « Les membres des Nations Unies qui ont ou qui assument la responsabilité d’administrer des territoires dont les populations ne s’administrent pas encore complètement elles-mêmes reconnaissent le principe de la primauté des intérêts des habitants de ces territoires. Ils acceptent comme une mission sacrée l’obligation de favoriser dans toute la mesure du possible leur prospérité… et, à cette fin : […] de développer leur capacité de s’administrer elles-mêmes, de tenir compte des aspirations politiques des populations et de les aider dans le développement progressif de leurs libres institutions politiques, dans la mesure appropriée aux conditions particulières de chaque territoire et de ses populations et à leurs degrés variables de développement… »

Compte tenu de ces divers engagements, il était possible d’espérer que des mesures favoriseraient l’émancipation des peuples des anciennes colonies. La création de l’assemblée représentative devait aller dans ce sens pour peu que son statut soit évolutif et que le Gouvernement central et l’Administration comprennent les aspirations de ces peuples. La France allait-elle s’engager résolument dans le processus de décolonisation ?

[J.M.Regnault]

Retour en haut de page