Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - La guerre franco-tahitienne (1844-1846) -

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1843-1880 Le Protectorat

La guerre franco-tahitienne (1844-1846)


Plan de la bataille de Mahaena, le 17 avril 1844. 460 soldats de marine sont débarqués de l'Uranie et du vapeur Phaeton

"A la suite d'escarmouches à Taravao en 1844 et d'un bombardement qui détruisit des maisons sur la côte est, quelque 4 000 rebelles, venant surtout de Te Aroha, furent attaqués par 460 soldats de marine, débarqués de l'Uranie et du vapeur Phaeton sur les plages de Mahaena, le 17 avril. Les pertes furent lourdes des deux côtés et les Tahitiens, vaincus, se retirèrent pour établir leurs camps de guerre principaux dans les vallées de la Papenoo et de la Punaruu. Les accrochages qui eurent lieu par la suite ne modifient pas le rapport des forces en présence. Celles-ci étaient conduites du côté tahitien par un noyau de ari'i apparentés à Pomare, par des sous-chefs territoriaux comprenant Atiau Vahine (Teriivaetua, mère de Ariitaimai) cheffesse de Faaa, Utami, transfuge du parti français, Fanaue, chef de Mahaena, Peueeu, Tariirii, Teriitua et pas les chefs des contingents de combattants de chaque district de Tahiti et de Moorrea, où ils avaient été élus. Les révoltés ne recevaient que peu d'aide active des missionnaires britanniques alors que les Français bénéficiaent d'une importante coopération des commerçants résidents".

Dès 1844, la reine Pomare s'est exilée aux îles-Sous-le-Vent, où elle avait le soutien des ari'i des hau fetii (gouvernement familial). "Pour mettre fin à ce soutien et soumettre Pomare, Bruat tenta un blocus de Raiatea et envoya un résident officiel français à Huahine. Ces démarches françaises furent contestées par la Grande-Bretagne et des officiers de marine français et britanniques furent chargés d'enquêter sur les droits de souveraineté de Pomare aux îles-Sous-le-Vent. Cette enquête gêna Bruat dans sa tentative de rattachement de l'archipel.


Carte des affrontements de la guerre franco-tahitienne

Une désastreuse expédition militaire et navale à Huahine, menée par le commandant Bonard en janvier 1846, fût repoussée par le reine Teri'itaria et coûta de lourdes pertes aux troupes françaises. Cette défaite déclencha des attaques contre Papeete, en mars et des représailles de Bruat à Punaauia, en avril et mai. Cependant, l'arrivée des renforts de France et la pénurie de provisions dans les camps tahitiens commencèrent à affaiblir la résistance. La conclusion se joua dans un assaut par surprise sur le camp de la Punaruu, le 17 décembre 1846, et au col de la Fautaua, mettant fin à toute résistance dans les deux camps rebelle".

Conclusion de la paix

La guerre avait fait un demi-millier de victimes dont 160 tués français et tahitiens, détruit une grande partie du port et du villagede Fare à Huahine, et entrainé un gaspillage d'argent et de matériel à Tahiti. Bruat en vint à estimer son ennemi et prit soin de faire un armistice et une reddition officielle honorables. Il respecta autant que possible les titres de chefferies des districts, évita de punir ou d'exiler les meneurs, et récompensa les Tahitiens qui comme Tati, Paraita, Hitoti, Tairapa et leurs parents, étaient restés un noyau de personnalités pro-françaises et anti-Pomare. Les titres de districts furent confirmés aux assemblées de 1844 et 1845.
Les Toohitu continuèrent à rendre la justice. Enfin les neufs chefs déposés de Tahiti et Moorea furent remplacés dans chaque cas par un membre de la première famille du district en question. Cependant, Bruat ne réussit pas à saisir des îles Sous-le-Vent, reconnues indépendantes dans la déclaration franco-britannique du 19 juin 1847. Tant que Pomare restait à Raiatea, la constitution du protectorat était privée d'une tête suprême, et diverses démarches, officielles et officieuses, furent tentées pour la persuader de revenir, en 1846. Mais Pomare prit conscience de la possibilité qu'avait Bruat de conclure la paix sans elle, et elle se décida donc à revenir sur Phaeton à Papeete, en février 1847, pour signer un acte de soumission". (Colin Newbury)


Scène des affrontements franco-tahitiens sur le plateau de Papenoo. Revue historique de l'armée.

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