Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Exécution de Chim Soo -

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1843-1880 Le Protectorat

Exécution de Chim Soo


Guillotine identique à celle qui servit
à l'exécution de Chim Soo

Sur la plantation d'Atimaono, la cadence de travail est infernale, une mauvaise ambiance règne, des clans se forment, des bagarres éclatent et, en 1869, c'est le drame : au cours d'une rixe il y a un mort et plusieurs blessés graves.
Enquêtes, arrestations, procès se succèdent : quatre Chinois sont condamnés à mort, trois seront grâciés, le quatrième sera exécuté ; Tahiti, pour la première fois de son histoire, va voir fonctionner la guillotine :

"L'an mil huit cent soixante neuf et le dix-neuf mai à six heures trios quarts du matin, Nous, greffier du Tribunal Criminel des États du Protectorat, conformément aux ordres qui sont donnés M. le Procureur Impérial, nous nous sommes rendus sur la principale place d'Atimaono, désignée par l'arrêté des 12-13 mars de la présente année, comme lieu d'exécution du condamné Chim Soo, N° 471, dont le pourvoi en grâce a été rejeté par décision de M. le Commandant Commissaire Impérial prise en Conseil d'Administration, le quinze mai. Le condamné ayant été amené par la Gendarmerie au pied de l'échafaud dressé sur place d'Atimaono, nous lui avons donné immédiatement lecture de l'arrêté précité qui le condamne à la peine de mort. Cette lecture faite, le condamné a été placé sur l'appareil et au premier coup de sept heures annoncés par une pièce d'artillerie, l'expiation était consommée".

Chim Soo, baptisé Paul avant de monter sur l'échafaud, était-il innocent ? Certains le prétendirent et la tradition chinoise fit sienne cette hypothèse : Chim Soo se serait accusé afin d'éviter un châtiment collectif à ses compagnons d'infortune. Toujours est-il qu'après sa mort, Chim Soo (alias Chim Siou King) sera considéré comme un héros et comme un martyr : sa dépouille suppliciée est inhumée au cimetière du Repos Éternel, un monument est érigé à sa mémoire, et, aujourd'hui encore, la communauté chinoise de Tahiti voit dans le sacrifice de cet homme le symbole de la dignité humaine retrouvée par les coolies exploités, humiliés et misérables.

[Histoire et Portrait de la communauté chinoise. Ch. Gleizal éditeur]

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