Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Mort de Pomare IV -

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1843-1880 Le Protectorat

Mort de Pomare IV

"Le 1er septembre 1877, il devait y avoir réception à bord de la frégate la Magicienne. La Reine était tout prête pour s'y rendre, lorsque son fils Terii Tapunui vint lui demander de l'argent pour jouer à bord. Le jeu alors à la mode était l'écarté et on jouait même assez gros jeu. Mais la Reine se déclara dans l'impossibilité de rien lui donner, et, comme d'habitude, lui conseilla d'aller s'adresser à leur seconde mère à tous, la mienne. Sur quoi Terii Tapunui fit une scène à la Reine. Il déclara que, puisqu'il en était ainsi, ni lui ni sa femme n'iraient à bord, et se leva brusquement de la chaise sur laquelle il s'était posé, dont le pied aurait, dit-on, frappé au côté gauche sa mère assise par terre. Très affectée d'un pareil éclat, la Reine renonça elle aussi à sortir et, depuis ce moment-là, que ce fût du coup reçu, de la commotion morale ou de toute autre cause, on remarqua qu'elle semblait triste et mal portante.


Portrait de Pomare IV
quelques années avant sa mort

Quelques jours plus tard, le 17, de très bonne heure le matin, on vint appeler ma mère (Ariitaimai) de la part de la Reine, et, comme nous étions pas à la maison, ni elle ni moi, trois messagers furent expédiés pour nous prévenir que la Reine était très mal et nous demandait d'urgence. Nous courûmes au palais où nous la trouvâmes affalée sur un canapé et déjà sans connaissance. Ma mère l'appela à différentes reprises mais ne put en tirer qu'une sorte de gémissement inarticulé.
En déchirant sa robe du haut en bas, elle constata des marques noires sur le côté gauche de la poitrine, et, suivant notre pratique, se mit à masser avec de l'huile de coco, pendant qu'on allait chercher un médecin. Nous apprîmes alors qu'elle était allée comme d'habitude faire ses ablutions matinales dans une sorte de salle de bains installée au-dessus d'une source, avec escalier conduisant dans l'eau, et que c'était en descendant de là qu'elle avait été prise de défaillance. Le chef de service de santé, le docteur Chassaniol, son vieil ami, accompagné de son assistant, arrivèrent sur ces entrefaites mais ne purent rien pour la ranimer, nous déclarant qu'elle succombait à une crise cardiaque.

[Récit de Marau Taaroa retranscrit dans "Tahiti au temps de la reine Pomare" de P. O'Reilly. Éditions du Pacifique]

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