Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Contexte national -

Sommaire

Le kiosque

La presse de l'époque

Le kiosque

! Vous êtes ici : Histoire de l'institution | 1953-1996. L’Assemblée territoriale | 1984-1996. L’autonomie interne | Contexte historique | Contexte national

Contexte historique

Contexte national

La période est marquée par deux cohabitations (J. Chirac Premier ministre de 1986 à 1988 et E. Balladur de 1993 à 1995). En fin de période, J. Chirac est élu président de la République après deux candidatures sans succès contre F. Mitterrand en 1981 et 1988.

Il se trouve que le contexte politique national est marqué par un certain nombre de faits qui se déroulent en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie.
La nomination de Laurent Fabius comme Premier ministre le 17 juillet 1984 devait donner un nouvel élan à la gauche en apaisant la querelle scolaire, en libéralisant partiellement l’économie, en redressant les domaines économique et social. L’exemple américain inspirait – quoi qu’il en dise - le nouveau chef de Gouvernement. La baisse des cours du pétrole facilita la lutte contre l’inflation, au prix aussi d’une baisse du pouvoir d’achat en 1983 et 1984. L’assainissement de la situation permit, en 1985, une nouvelle croissance de ce pouvoir d’achat dont le Gouvernement pouvait s’attribuer le mérite. De même, le chômage diminua.
La gauche fut affaiblie par ses divisions, les communistes écartés du Gouvernement, se démarquant souvent de ce dernier.
Ce qu’on a appelé « l’effet Fabius » ne dura guère. Des rivalités avec le premier secrétaire du PS, Lionel Jospin, désorienta l’opinion. Ce fut l’affaire Greenpeace qui affecta le plus le Gouvernement. En octobre, le Premier ministre se rendit à Moruroa pour désamorcer l’affaire, mais à peine revenu, il affrontait J. Chirac dans un débat télévisé le 27 octobre. Il se montra particulièrement maladroit et la popularité du chef du RPR s’en trouva accrue. En même temps, le drame qui secouait la Nouvelle-Calédonie avait un retentissement national. La mission confiée à Edgard Pisani ne ramena pas le calme, bien au contraire et la Nouvelle-Calédonie devint un enjeu franco-français, droite et gauche se servant du sujet pour s’affronter.
Les problèmes liés à l’immigration et à la sécurité affaiblirent un peu plus le Gouvernement socialiste.
Les élections législatives de mars 1986 donnant la victoire à la droite, J. Chirac devint le Premier ministre de la première cohabitation. Ce dernier engagea une politique tendant à supprimer les dispositions adoptées entre 1981 et 1986 dans un sens favorable à une libéralisation de l’économie.
Toutefois, le contexte international n’était guère favorable (crack boursier d’octobre 1987) et le Gouvernement dût affronter des difficultés (terrorisme, révolte des étudiants contre la loi Devaquet, mouvements sociaux). Le problème calédonien garda une acuité telle qu’il perturba la campagne présidentielle de 1988 avec la tuerie de la grotte d’Ouvea.
F. Mitterrand réélu, il nomma Michel Rocard Premier ministre, lequel s’attacha à résoudre la question calédonienne avec les accords dits de Matignon-Oudinot.
Alors que le monde connaissait des changements considérables (voir contexte international), l’impression prévalut que la morosité s’installait en politique intérieure avec de mesquines querelles entre les partis, au sein des partis eux-mêmes et avec une montée régulière du Front national sur des thèmes xénophobes et sécuritaires.
Après une embellie économique, l’année 1990 révéla de nouvelles difficultés et l’activité se ralentit. De nombreux mouvements sociaux marquèrent la période. Le problème de l’immigration revint sur le devant de la scène politique avec l’affaire du « foulard islamique » et l’agitation dans les banlieues. La question de la « moralisation » politique se posa également devant un certain nombre d’affaires qui mettaient en cause la probité de quelques responsables du pays. Après la crise du Golfe et la guerre contre l’Irak, F. Mitterrand fit appel à Edith Cresson comme Premier ministre (15 mai 1991). C’était la première fois qu’en France une femme exerçait cette responsabilité. Elle connut vite des records d’impopularité et fut remplacée par Pierre Bérégovoy (2 avril 1992). Pas plus que les précédents chefs de Gouvernement, P. Bérégovoy ne put ralentir la progression du chômage reprise dès 1991. Les mécontentements venaient de toutes les catégories sociales, attisés par les problèmes récurrents liés à l’immigration et aux « affaires ».
Lors des élections législatives de 1993, la défaite de la gauche fut plus sévère que celle qui était annoncée. La nouvelle majorité de droite disposa de 485 sièges sur 577. Edouard Balladur fut nommé Premier ministre. Ce dernier connut d’indéniables succès et une excellente cote de popularité. Il privatisa davantage l’économie, mais sans parvenir à juguler la récession et le chômage (3 290 000 chômeurs en décembre 1993 et près de 40 000 de plus un an plus tard). La méthode utilisée par le Premier ministre pour affronter les problèmes économiques et sociaux apparut vite comme une façon de temporiser en attendant l’élection présidentielle de 1995. Des « affaires » touchèrent plusieurs de ses ministres contraints à la démission.
La campagne présidentielle mit en lumière les rivalités personnelles à l’intérieur des forces politiques. Lionel Jospin obtint le soutien du Parti socialiste tandis que le RPR se divisait entre les candidatures d’E. Balladur et de J. Chirac. Le premier tour plaça Lionel Jospin en tête, devant J. Chirac. E. Balladur était ainsi éliminé. J. Chirac l’emporta au second tour avec 52, 64 % des voix.
L’une des premières mesures prises par le nouveau Président fut la réactivation des essais nucléaires.
Ainsi, dans la vie politique nationale, le Pacifique Sud fut plus souvent présent qu’à aucun moment de son histoire.

[J.M.Regnault]

Contexte international 0 < Contexte national 1 < Contexte local et régional 2

Retour en haut de page