Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - Les élections territoriales du 16 mars 1986 -

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Les élections territoriales et les élus

Elections du 16 mars 1986

Le 16 mars 1986, les élections territoriales ont eu lieu un peu plus d’un an avant le renouvellement normal de l’Assemblée.
Le statut d’autonomie interne de septembre 1984 n’avait pas entraîné le renouvellement de l’assemblée élue en 1982. Disposant d’une majorité incertaine, élue dans un contexte politique différent, le président Flosse avait proposé la dissolution de l’assemblée.
Un vœu émis en ce sens par les conseillers le 29 août 1985, aussi bien de la majorité que de l’opposition, était transmis au Premier ministre conformément à l’article 81 de la loi statutaire. Le conseil des ministres, à Paris, pouvait accepter ou refuser. Selon une ligne généralement retenue, celui-ci suivit le vœu des représentants du Territoire et un décret du 23 décembre 1985 dissout l’assemblée locale.
Les élections furent alors fixées au 16 mars 1986, comme les élections législatives. Avant de procéder aux élections, il avait été souhaité et souhaitable de modifier les dispositions de la loi électorale datant de 1957 (la loi Hénault).
Le 17 octobre 1985, l’assemblée territoriale adoptait le rapport du conseiller Roger Doom que le gouvernement français transformait en projet de loi voté par le Parlement le 18 décembre 1985 (loi n° 85-1337). Le nombre de conseillers territoriaux passait de 30 à 41. La composition par archipel devenait la suivante :

1957 1986
IDV 16 22
ISLV 6 8
Tuamotu-Gambier 4 5
Marquises 2 3
Australes 2 3

Représentation des circonscriptions en nombre de sièges

Les listes auraient désormais deux candidats de plus que le nombre de sièges à pourvoir. Cela permettrait d’éviter des recours à des élections partielles. En effet, tout conseiller devenu ministre cédant sa place au suivant de liste, on imagine que dans les archipels à faible représentation, ce phénomène lié à des démissions ou des décès rendait des élections partielles trop fréquemment nécessaires. L’âge d’éligibilité était abaissé de 23 à 21 ans et les dispositions du code électoral s’appliquaient à la Polynésie française.
Une dispositionn lourde de conséquences, créait un seuil de 5% des suffrages exprimés pour pouvoir participer à la répartition des sièges. Le but était d’éviter une dispersion des voix dans un Territoire où le nombre de listes de candidats est généralement très élevé (11 aux Iles du Vent en 1986).

Le sénateur Daniel Millaud avait protesté contre cette application d’une loi électorale qui selon lui ne tenait pas compte des spécificités polynésiennes qui veulent la multiplicité des listes.
Déjà en décembre 1985, au Sénat, il s’était heurté à ses collègues à ce sujet en termes vifs : « au nom du droit commun, au nom de l’uniformisation et de nos ancêtres les Gaulois, vous étendez cette barre de 5% des suffrages exprimés… Je voterai contre ce texte, car il s’agit d’un texte imposé prétendument au nom du droit commun et de l’indivisibilité de la République… Je ferai connaître à la population que je représente… la façon dont on traite cette population dont on veut supprimer l’originalité ».

Etiquette politique Circonscription
Enrique (dit Quito) Braun-Ortega Amuitahiraa IDV
Michel Buillard Tahoera’a Huiraatira IDV
Jean-Pierre Champs Tahoera’a Huiraatira IDV
Arthur Chung Here Ai’a/Taatira polynesia IDV
Jacqui Drollet Ia Mana IDV
Tinomana (dit Milou) Ebb Amuitahiraa IDV
Gaston Flosse Tahoera’a Huiraatira IDV
Edouard Fritch Tahoera’a Huiraatira IDV
Jacquie Graffe Amuitahiraa IDV
Pierre Hunter Amuitahiraa IDV
Jean Juventin Amuitahiraa IDV
Georges Kelly Tahoera’a Huiraatira IDV
Tuianu Le Gayic Tahoera’a Huiraatira IDV
Alexandre Léontieff Tahoera’a Huiraatira IDV
Jean-Marius Raapoto E’a no Maohinui IDV
James Salmon FLP IDV
Tutaha Salmon Tahoera’a Huiraatira IDV
Oscar Temaru FLP IDV
Jacky Teuira Tahoera’a Huiraatira IDV
Jean-Baptiste Trouillet Amuitahiraa IDV
Jacky Van Bastolaer Ia Mana IDV
Émile Vernaudon Amuitahiraa IDV
Peni Atger Ia Mana ISLV
Marcel Hart Tahoera’a Huiraatira ISLV
Austin Hunter Tahoera’a Huiraatira ISLV
Guy Sanquer Tahoera’a Huiraatira ISLV
Ioane (dit Vane) Temauri Tahoera’a Huiraatira ISLV
Taratua Teriirere Amuitahiraa ISLV
Monil Tetuanui Amuitahiraa ISLV
Jean Tupu Tahoera’a Huiraatira ISLV
Pierre Lehartel Tahoera’a Huiraatira TG
Henri (dit Riquet) Marere Tahoera’a Huiraatira TG
Lucas Paemara Tahoera’a Huiraatira TG
André Roihau Tahoera’a Huiraatira TG
Napoléon Spitz Tapura Napo TG
Frédéric Flores Tamarii Tuhaa Pae Aust
Jacques Teheiura Tahoera’a Huiraatira Aust
Ernest Teinauri Tahoera’a Huiraatira Aust
René Kohumoetini Tahoera’a Huiraatira Mq
Edwin Pahuatini Henua Enana Mq
Guy Rauzy Tahoera’a Huiraatira Mq

Conseillers élus le 16 mars 1986

On remarquera qu’il n’y a encore qu’une seule femme élue.

Cinq personnalités parmi ces élus deviennent ministres (G. Flosse, G. Kelly, A. Léontieff, J. Teheuira et M. Buillard). Leurs remplaçants à l’AT sont :
Franklin Brotherson
Roger Doom
Albert Taruoura
Emma Tetuanui
Lionel Watanabe

Suite aux dissensions de la majorité et des changements de gouvernement, les allers et retour entre l’assemblée et le gouvernement sont nombreux, souvent provisoires et des suppléants deviennent conseillers, plus ou moins provisoirement.

Par une délibération du 6 décembre 1984, l’indemnité des conseillers est fixée au double du traitement afférent à l’indice 320 des fonctionnaires des cadres territoriaux servant dans le Territoire.

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