Histoire de l'Assemblée de la Polynésie française - La mandature 1986-1991 -

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Les gouvernements de l’autonomie interne

La mandature 1986-1991

A/ Un gouvernement de courte durée malgré la victoire électorale

Les élections territoriales du 16 mars 1986 entraînent la formation d’un nouveau gouvernement.
L’assemblée se réunit à cet effet le 11 avril 1986 en session extraordinaire. Trois candidats sont en lice : O. Temaru, J-M. Raapoto et G. Flosse. Mais le quorum des trois cinquièmes n’est pas atteint en raison du boycott de l’opposition. C’est donc le 15 avril qu’a lieu l’élection, toujours en l’absence de 14 conseillers.
O. Temaru rappelle « le droit imprescriptible et inaliénable des peuples à disposer d’eux-mêmes et en particulier de la Polynésie maohi ». Il dénonce le fait que les rues, les places, les parcs et autres lieux publics soient dénommés par des noms de personnages ou d’événements étrangers ou extérieurs au Territoire. Si le secrétaire d’État G. Lemoine reconnaît que l’État a évolué, ce n’est jamais que pour aller vers une forme plus subtile de domination, dont témoigne le statut. Commentant les résultats des élections qualifiées de « mascarade démocratique », il interroge : « Faut-il préciser que l’attitude de la majorité des dirigeants politiques locaux ne reflète pas l’inclination de la base silencieuse pour la libération urgente du pays et de la nation ? ». Quant au probable futur président du gouvernement, il le qualifie de « kapo local façon 1986 » car il va disposer des « moyens musclés » que sa qualité de membre du Gouvernement central va lui procurer.
J-M. Raapoto fait remarquer que les listes Tahoera’a n’ont recueilli que 40 % des voix et que seul le système électoral lui donne une majorité à l’assemblée. Sans illusion, il sortira de l’assemblée avant le vote.
Quant à G. Flosse, il se réjouit d’un résultat qui montre que 36 conseillers sur 41 sont opposés à l’indépendance. Cependant, l’autonomie demande un approfondissement. Il faudra pour cela un dialogue franc mais sans complaisance avec le pouvoir central. G. Flosse développe longuement les réalisations entreprises depuis 1982 et ce qu’il envisage pour la mandature en cours.
G. Flosse est élu avec 25 voix contre 2.

Il présente ensuite la liste de ses ministres qui est également approuvée par 25 voix et précise ensuite les attributions de chacun.

Patrick Peaucellier Vice-président
Economie et finances

Jacques Teheiura
Éducation et culture, recherche scientifique,
porte parole du gouvernement
Chargé des relations avec la Commission du Pacifique Sud

Alexandre Léontieff
Tourisme et mer

Gaston Tong Sang
Equipement, aménagement, énergie et mines

Huguette Hong Kiou
Affaires sociales, solidarité, famille
Relations avec l’AT et le CES

Michel Buillard
Emploi, logement et fonction publique

Georges Kelly
Agriculture et artisanat traditionnel

Lysis Lavigne
Santé, recherche scientifique et environnement

Manate Vivish
Jeunesse et sports, affaires intérieures

Geffrey Salmon
Développement des archipels, transports, postes et télécommunications


B/ L’instabilité s’installe

On aurait pu penser que la victoire électorale de mars 1986 amènerait la stabilité. Le ministre des DOM-TOM, Bernard Pons, le pensait sans doute aussi. Lors de sa visite à l’assemblée territoriale, le 2 mai 1986, il déclare :
« Une majorité sans équivoque à l’assemblée, un gouvernement homogène et dynamique, des parlementaires issus de la même famille politique et déterminés à se mettre au travail, vous possédez-là, M. le Président, Mmes et MM., les meilleures conditions pour permettre un fonctionnement harmonieux des institutions du territoire et le plein épanouissement du statut d’autonomie interne qui est le vôtre ».

Quelques jours plus tard, G. Flosse lui-même croyait pouvoir affirmer qu’il serait en poste pour longtemps :
« La légitimité de notre majorité ne saurait être valablement contestée, dès lors que, rassemblant 25 sièges sur 41, elle constitue une majorité de gouvernement forte et cohérente qu’aucun conglomérat, aucun cartel n’est en mesure de supplanter (PV de l’AT, 6 mai 1986) ».

De plus, la nomination de G. Flosse au sein du Gouvernement central devait être un élément positif et lui donner une meilleure légitimité. Or, rapidement, il n’en a pas été ainsi. Des problèmes sociaux et une crise au sein du parti majoritaire allaient changer la donne.
Suite à la démission de G. Flosse, le 7 février 1987, des rivalités entre J. Teuira et A. Léontieff pour prendre sa relève allaient affaiblir la majorité. Le Tahoera’a ayant finalement choisi J. Teuira, ce dernier est élu président le 13 février 1987. Trois autres candidats briguaient le poste : O. Temaru, J. Drollet et J-M Raapoto.
O. Temaru ne s’exprima qu’en reo maohi.
J. Drollet reprocha à G. Flosse d’avoir mené une politique dictatoriale, y compris en matière économique dans laquelle il aurait été « juge et partie », mécontentant ainsi certains patrons.
J-M. Raapoto évoqua la crise de la manutention portuaire qui avait amené G. Flosse à la démission. Il avertit : « vous risquez de faire basculer ce pays dans le chaos, le racisme et la haine ». Se disant « écœuré », il retira sa candidature.
J. Teuira expliqua comment les instances de son parti lui ont demandé de succéder à G . Flosse, « un redoutable honneur ». Il fait état des critiques que soulevait sa personnalité, souvent « emportée »… et son incapacité à gouverner :
« Il est vrai qu’une certaine intelligentsia dit de moi que je ne suis pas le grand technocrate capable d’assumer la direction des affaires. Mais croyez-vous que notre peuple attende le règne des technocrates ?
[…] C’est un homme sans ambition personnelle, entièrement dévoué à son pays, qui sollicite votre confiance
».

J. Teuira fut élu par 23 voix contre 2 à O. Temaru et 4 à J. Drollet.

Le 13 février, J. Teuira présenta son gouvernement en précisant qu’il avait proposé à tous les ministres du gouvernement précédent de continuer leur tâche avec lui. Seul, Patrick Peaucellier préféra « prendre du champ ».

Jacques Teheiura
Vice-président
Éducation et culture
Chargé des relations avec la Commission du Pacifique Sud

Alexandre Léontieff
Economie, Tourisme et mer

Michel Buillard
Jeunesse et sports, logement

Gaston Tong Sang
Equipement, aménagement, énergie et mines

Lysis Lavigne
Santé et environnement

Georges Kelly
Agriculture et artisanat traditionnel

Terii Sanford
Emploi, formation professionnelle, fonction publique

Manate Vivish
Finances, affaires intérieures et personnel

Huguette Hong Kiou
Affaires sociales, solidarité, famille

Geffrey Salmon
Développement des archipels, transports, postes et télécommunications

J. Teuira continue à présider l’assemblée territoriale jusqu’à son option pour la présidence du gouvernement, le 12 mars 1987.

C/ Les gouvernements d’Alexandre Léontieff

Après la démission de J. Teuira, Alexandre Léontieff est élu président le 9 décembre 1987 par 28 voix contre 1 à James Salmon. Les conseillers du Tahoera’a n’assistent pas à l’élection.
Le 10 décembre 1987, la liste des ministres est approuvée par 28 voix sur 28.

Georges Kelly
Vice-président
Agriculture, artisanat traditionnel, patrimoine culturel

Enrique Braun Ortega
Plan, aménagement du Territoire

, affaires financières et réformes administratives
Relations avec AT et CES

Jacqui Drollet
Santé, environnement, recherche scientifique

Huguette Hong Kiou
Logement, affaires sociales, solidarité, jeunesse

Boris Léontieff
Mer, équipement, énergie, postes et télécommunications

Patrick Revault
Affaires économiques, consommation, commerce et industrie

Nicolas Sanquer
Education et formation professionnelle

Napoléon Spitz
Travail, tourisme, transports et sports

Ioane Temauri
Régionalisation et développement des archipels

Raymond Van Bastolaer
Affaires foncières et administratives

Suite aux démissions de N. Sanquer et Braun-Ortega et à l’éviction de Patrick Revault, le 30 juin 1988, le gouvernement est remanié.

Georges Kelly
Vice-président
Agriculture, artisanat traditionnel, patrimoine culturel

Huguette Hong Kiou
Logement, affaires sociales et solidarité

Emile Vernaudon
Régionalisation et administration des archipels, postes et télécommunications

Napoléon Spitz
Travail, emploi, formation professionnelle, tourisme et sports

Boris Léontieff
Mer, équipement et énergie

Jacqui Drollet
Santé, environnement, recherche scientifique

Ioane Temauri
Développement des archipels, domaine et affaires foncières

Raymond Van Bastolaer
Education, fonction publique Relations avec AT et CES

Louis Savoie
Economie et finances

François Nanai
Urbanisme, transports terrestres, administration générale, réformes administratives

É. Vernaudon a aussi été ministre puis évincé et non remplacé.

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